Jean Paul II ordonne 34 prêtres dont un professeur genevois
Rome: Geste hautement symbolique pour le 20ème anniversaire de l’attentat contre le pape
Rome, 11 mai 2001 (APIC) Vingt ans jour pour jour après l’attentat du 13 mai, Jean Paul II a ordonné 34 prêtres du monde entier pour le diocèse de Rome. Un geste hautement symbolique. Parmi les nouveaux prêtres figure le professeur genevois d’origine française Patrick de Laubier*.
Le 13 mai, fête de Notre Dame de Fatima, est l’une des dates les plus marquantes du pontificat de Jean-Paul II. Il y a exactement 20 ans, le terroriste turc Mehmet Ali Agca, tirait plusieurs coups de son browning calibre 9 sur le pape qui est peut-être le seul aujourd’hui à connaître le véritable commanditaire de l’attentat. Le troisième secret de Fatima, publié l’année dernière, paraît faire allusion au drame.
Ce n’est sans doute pas un hasard si le pape Jean-Paul II a choisi cette date pour ordonner 34 prêtres du monde entier pour le diocèse de Rome, dans la basilique Saint-Pierre, au cours d’une cérémonie de près de 3 heures. Dans son homélie, Jean-Paul II a insisté sur le caractère «missionnaire» de leur vocation, leur demandant d’être avant tout amoureux de l’Eglise Il était entouré du cardinal Camillo Ruini, son vicaire général pour le diocèse, ainsi que des évêques auxiliaires.
Traverser de nombreuses épreuves
Parmi les 34 nouveaux, 14 sont originaires d’Italie, deux de France, quatre d’Espagne, un de Colombie, un d’Uruguay, un du Mexique, un du Chili, un du Honduras, un du Salvador, deux des Etats-Unis, un de Cuba, un d’Inde, un de Zambie, un d’Ouganda, un de Nouvelle-Zélande et 1 d’Australie. L’un des deux nouveaux prêtres français, l’abbé Patrick de Laubier, est bien connu en Suisse, au titre de professeur émérite de l’Université de Genève. Il devrait célébrer lundi 14 mai sa première messe en la basilique de St-Jean de Latran. Mercredi 6 juin, le nouvel ordonné présidera une eucharistie au Centre universitaire catholique de Genève (CUC).
«Le prêtre n’est pas seulement l’homme des initiatives individuelles, il est aussi le ministre de l’Evangile au nom de l’Eglise», a déclaré le pape, même si cette mission «nécessite de traverser de nombreuses épreuves et difficultés, c’est à travers elles qu’il expérimentera la grandeur et la joie de leur mission.
Au cours de la cérémonie d’ordination, les supérieurs des séminaires d’où venaient les nouveaux prêtres et leurs adjoints – 29 au total -, ainsi que le cardinal français Roger Etchegaray – seul cardinal présent, outre le cardinal Ruini – ont imposé les mains, chacun leur tour, aux nouveaux ordonnés. Les nombreux fidèles, familles et amis venus encourager les nouveaux prêtres – dont un groupe important de Français – les ont longuement applaudis à la fin de la cérémonie.
Appel du pape pour la paix en Terre Sainte: arrêter la spirale de la violence
Avant de réciter la prière du Regina Caeli, le pape a conclu en assurant de sa prière les nouveaux prêtres qu’il avait ordonnés dans la matinée, et en les confiant à «l’assistance» de la Vierge de Fatima. «J’ai moi-même pu expérimenter sa protection il y a 20 ans», a conclu Jean-Paul II en faisant allusion à l’attentat qui l’a touché le 13 mai 1981 sur la place Saint-Pierre.
Le pape a ensuite lancé un vibrant appel à la paix pour que «cesse l’absurde spirale de violence» en Terre Sainte. «Mon voyage sur les pas de saint Paul a été assombri par les nouvelles douloureuses qui continuent de nous parvenir de la Terre Sainte», a déclaré Jean-Paul II aux milliers de fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre. «En réalité, nous nous trouvons face à une absurde spirale de la violence!». «Semer la mort tous les jours ne fait qu’exaspérer les esprits et retarder le jour béni où tous pourront se regarder en face et cheminer ensemble !», a-t-il lancé.
«Les responsables de la communauté internationale en particulier ont le devoir d’aider les parties en conflit à casser la chaîne immorale de la provocation et des représailles». «Le langage et la culture de la paix doivent prévaloir sur l’incitation à la haine et à l’exclusion», a ajouté Jean-Paul II, «suppliant» la Vierge de Fatima – fêtée dans l’Eglise catholique le 13 mai – de faire «que cessent les massacres en Terre Sainte». (apic/imed/mjp)




