Catholiques et bouddhistes impliqués dans le processus de paix
Sri Lanka: Le gouvernement et les rebelles Tamouls déterminés à négocier
Colombo, 15 mai 2001 (APIC) Un premier pas en vue de la paix vient d’être accompli au Sri Lanka: le gouvernement et les rebelles Tamouls sont parvenus à un accord pour entamer de nouvelles négociations. Les leaders catholiques et bouddhistes sont également impliqués dans le processus de paix.
Les deux parties «sont d’accord sur une vision globale pour trouver une solution politique au conflit en cours», annonce le ministre des Affaires srilankaises, Makshman Kadirgamar, dans une lettre envoyée au gouvernement norvégien chargé de la médiation. Les parties en présence ont «décidé de soulager les souffrances et de diminuer les dangers auxquels sont soumis les civils touchés par la guerre.
Il s’agit de constituer une base de compréhension mutuelle, précise-t-il. La lettre annonce aussi l’adoption de mesures humanitaires, traitées dans un document à part. On ne parle pas en revanche d’un cessez-le-feu: les troupes gouvernementales ne déposeront pas les armes avant le début officiel des négociations, qui n’a toutefois pas encore été fixé.
Optimisme de l’épiscopat catholique du Sri Lanka
Les évêques catholiques du Sri Lanka saluent avec satisfaction ce pas vers la paix et se disent optimistes. A la fin du mois d’avril, l’épiscopat avait fait un pèlerinage au Sanctuaire de Notre-Dame de Madhu, dans le Nord du pays, et s’étaient rendus dans les camps de réfugiés au Wanni. Ils renouvellent dans un message leur appel en faveur de la paix, en soulignant la situation des réfugiés et les enfants terrorisés. «Le désir de paix permettra aux gens de rentrer dans leurs villages et de vivre dans la dignité», écrient les prélats.
Une délégation de la conférence épiscopale a rencontré le dirigeant Tamoul Thamil Chelvam, qui demande des négociations paritaires. Le dirigeant a promis de préciser la position des Tamouls sur des questions délicates, comme l’intégrité nationale et l’autodétermination.
Le clergé bouddhiste prêt à reconnaître les droits des Tamouls
Le travail en faveur de la paix implique toutes les religions. Lors d’une rencontre récente à Amarapura, les leaders catholiques et bouddhistes ont parlé d’initiatives communes, pour combattre la dégradation morale et spirituelle dans le pays et travailler en faveur de la réconciliation entre les ethnies. «Le clergé bouddhiste ne refuse pas de reconnaître les droits des Tamouls, a expliqué le Vénérable Brahmanawatte Seevali, mais il soutient l’unité nationale et met au premier plan le bien-être du peuple, au nord et au sud. Mgr Joseph Kingsley Swampillai, évêque de Trincomalee-Batticaloa, a assuré que les évêques étaient d’accord sur la question de l’unité du pays.
Les espoirs de paix renaissent après un mois de combats intenses. L’offensive déclenchée le 24 avril par l’armée régulière à Palli, dans la péninsule de Jaffna, et la riposte violente de la résistance des Tamouls, ont fait plus de 400 morts. Depuis le début du conflit, il y a 18 ans, on estime qu’il y a eu 60’000 morts. (apic/cip/fs/mjp)




