Fermetures des écoles tenues par les salésiens
Inde: Funérailles des trois salésiens assassinés au Manipur
Manipur/Inde, 18 mai 2001 (APIC) Les funérailles des trois salésiens, deux prêtres et un séminariste, tués mardi par des militants hindous à Imphal, dans l’Etat de Manipur (nord-est de l’Inde), ont eu lieu jeudi à Manipur. Selon l’agence missionnaire Misna, ces militants extrémistes exercent un chantage sur les écoles catholiques en leur demandant de l’argent.
L’assassinat des salésiens pourrait être «un acte de vengeance de groupes extrémistes locaux contre la fermeture des écoles catholiques de la région, décidée il y a environ deux mois pour raisons de sécurité», a déclaré à Misna le Père Dominic Emmanuel, porte-parole de la Conférence épiscopale indienne. Les Salésiens possèdent deux des huit écoles catholiques dans la région, qui seront maintenant fermées.
Cela fait plusieurs années que les extrémistes menacent les instituts religieux locaux en leur réclamant de l’argent. «Depuis que les écoles ont interrompu leurs activités, ces groupes se sont vus privés d’une importante source de financement, ajoute Père Dominic, raison pour laquelle ils auraient pu décider de se venger et de tuer trois salésiens». Le religieux précise que les parents des étudiants des instituts fermés avaient tenté de dialoguer avec les extrémistes ces dernières semaines, en vain. «Il est difficile de dire si ces groupes sont hindous ou d’autres religions, poursuit le porte-parole des évêques. En réalité, la région est souvent le théâtre d’affrontements ethniques ayant peu de rapport avec la religion».
Fermeture des écoles salésiennes
Mgr Oswald Gracias, secrétaire général de la Conférence épiscopale, s’est adressé aux autorités nationales, notamment au Premier ministre Atal Behari Vajpayee et au ministre de l’Intérieur, ainsi qu’au gouverneur de l’Etat de Manipur, leur demandant de protéger les chrétiens «pour qu’ils puissent poursuivre leur service d’amour au service de l’humanité». Don Thomas Mulayinkal, inspecteur provincial, responsable salésien de ce territoire, a confirmé que la région était «terrorisée» à cause des violences de groupes armés qui attaquent dans le but de voler. En décembre dernier, un prêtre diocésain, directeur d’une éécole, a été tué, et en février de cette année, un autre prêtre est parvenu à s’échapper, sauvant ainsi sa vie.
Dans ce contexte, Don Mulayinkal a fait savoir qu’il se voyait obligé de fermer toutes les écoles salésiennes pendant plus d’un mois et d’inviter leurs responsables à abandonner leurs sièges respectifs. Dans un communiqué, il est précisé que Frère Philip Barjo, responsable de plus 65 institutions salésiennes dans la région, «a demandé au gouvernement de l’Etat de Manipur de veiller sur la sécurité du personnel de l’Eglise engagé dans les secteurs de l’éducation, de la santé et du développement». (apic/mna/cip/pr)




