Mise en musique d’un chapitre du Coran
Koweït: Une fatwa saoudienne condamne à mort un chanteur koweïtien
Koweït City, 6 avril (2001) Le chanteur pop koweïtien Abdullah Ruwaished a été condamné à mort par une fatwa (décret religieux) émis par un responsable religieux saoudien. Abdullah Ruwaished a été accusé d’»insulter le Coran» en mettant en musique le début du livre saint musulman.
Le chanteur koweïtien, âgé de 40 ans, rejette les accusations venues d’Arabie Saoudite, tandis qu’un groupe de religieux musulmans du Koweït a pris sa défense. La fatwa a été lancée par un responsable musulman saoudien, Hamoud bin Shuaibi, qui a précisé que les autorités religieuses koweïtiennes étaient seules compétentes pour faire exécuter la sentence de mort.
Ces dernières ont déclaré la fatwa saoudienne illégale parce que bin Shuaibi n’est pas qualifié pour édicter une telle sentence. Il faut noter qu’en pays d’islam, les chanteurs attirent souvent la fureur des autorités religieuses islamiques. Au début de l’année, les organisateurs d’une foire annuelle au Koweït avaient plié sous la pression des membres islamistes du parlement et interdit le chanteur libanais Aasi al-Hellani en raison d’allégations prétendant qu’il avait mis en musique des versets du Coran.
Chanteurs et poètes mal vus en pays d’islam
En 1999, un tribunal de Beyrouth avait acquitté le chanteur Marcel Khalife, un poète chrétien à la fibre nationaliste arabe. Il avait été dénoncé sous le même prétexte par les islamistes. Il avait été accusé d’avoir «insulté l’islam» en insérant des versets du Coran dans une chanson inspirée d’un poème de l’écrivain national palestinien Mahmoud Darwish. (apic/bbc/be)




