Trois millions de personnes risquent de mourir de faim au Soudan d’ici le mois de juin 2001. Le cri d’alarme vient de l’ONU: son Programme alimentaire mondial (PAM) n’a pas les ressources suffisantes pour répondre aux demandes urgentes de ce Pays de l’Afrique. Une première alarme pour le Soudan était déjà parvenue aux Nations Unies au mois de novembre dernier: 1% seulement de l’argent a été recueilli, et, à présent, les experts de l’ONU craignent que la famine ne tue plus de personnes que tous les désastres qui se sont abattus sur le Soudan depuis 1980. La population a déjà mangé les graines qui devaient servir aux semailles il n’y aura donc pas de récolte cette année.
Pas de récoltes cette année: trois millions de personnes risquent de mourir de faim
Il faudra 135 millions de dollars pour l’envoi de toute urgence d’aliments mais la guerre civile entre le gouvernement islamique de Khartoum et les rebelles du Sud, bloque et l’agriculture et les secours. Le directeur du Programme alimentaire mondial pour le Soudan, Masoud Haider, est actuellement à Londres pour tenter de recueillir l’argent nécessaire. Une sécheresse prolongée a vidé les réserves d’eau et la situation est la plus grave de ces 50 dernières années. «Les gens peuvent mourir en grand nombre d’ici le mois de juin, sans réaction des pays riches».
Famine dans le Sud, esclavage au Sud-Est et dans le Centre
A la famine grave et dramatique dans les régions du Sud, qui vivent dans la misère depuis des dizaines d’années à cause de la guerre, et supportent un grand nombre de réfugiés, s’ajoute aussi l’accusation d’esclavage dans le Sud-Est et dans le Centre du Soudan: elle est formulée contre le gouvernement de Khartoum par l’Association de défense des droits de l’homme «European Sudanese Public Affairs Council», dont le siège est à Londres. Le document cite des rapports sur les droits civils au Soudan, établis par des groupes d’étude britanniques et par le Département d’Etat des Etats-Unis. Il affirme que le gouvernement de Khartoum n’a donné aucune réponse satisfaisante aux accusations qui lui sont adressées, de tolérer l’esclavage «au nom de traditions anciennes». (apic/ fides/mjp)




