Suisse: Les Eglises orientales planchent à Zurich sur l’avenir des Eglises ukrainiennes

Zurich, 20 avril 2001 (APIC) Des tractations sur l’avenir de l’Eglise orthodoxe ukrainienne auront lieu ce week-end à Zurich entre les représentants des patriarcats de Constantinople et de Moscou. Au Phanar, le siège du patriarcat œcuménique à Istanbul, on affirme que le patriarche Bartholomée de Constantinople souhaite la création d’une Eglise ukrainienne autonome, placée sous sa juridiction.

Deux archevêques d’Istanbul se trouvent actuellement à Zurich en compagnie du métropolite russe Kirill Gundjajev, responsable des relations extérieures au patriarcat de Moscou. Les trois délégués vont plancher sur l’avenir des communautés orthodoxes ukrainiennes, révèle le 20 avril l’agence de presse RNA à Zurich.

Cette rencontre semble provoquée par la prochaine visite de Jean Paul II en Ukraine. Les patriarcats de Constantinople et de Moscou craignent que ce voyage du pape, prévu en juin, n’aggrave les déchirements entre communautés orthodoxes. En particulier, la rencontre entre Jean Paul II et le métropolite Philarète est considéré comme porteuse de troubles par les deux patriarcats.

La question de l’autonomie des Eglises orthodoxes ukrainiennes a provoqué par le passé de nombreuses dissensions entre le patriarche Alexis II de Moscou et le patriarche Bartholomée de Constantinople. Cependant, un signe de rapprochement a été émis le 18 avril dernier par le responsable du patriarcat de Moscou pour les relations avec les autres Eglises orthodoxes Nikolai Balashov. Ce dernier a affirmé dans les colonnes du quotidien italien L’Avvenire» que l’Eglise orthodoxe de Moscou était prête à accorder l’indépendance aux orthodoxes d’Ukraine qui lui sont fidèles.

Des communautés orthodoxes séparées

Il y a dix ans, l’Ukraine comptait plus de 15’000 paroisses orthodoxes (en Russie il n’en était resté que 6’000). Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, 8’000 d’entre elles environ sont sorties de la juridiction de Moscou. Sur ces dernières, plus de 2’000 sont restées sous le contrôle du métropolite Philarète de Kiev.

Par la suite, le métropolite Philarète – une personnalité dont le passé sous le régime communiste est fort trouble – fut excommunié et réduit à l’état laïc par le Saint Synode du Patriarcat de Moscou. L’évêque rebelle avait pris la tête de sa propre Eglise et joué la carte nationaliste après avoir été longtemps fidèle à Moscou. Il s’est entre-temps autoproclamé patriarche de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine.

Concurrente de Philarète et de l’Eglise orthodoxe ukrainienne restée fidèle au Patriarcat de Moscou – la seule reconnue canoniquement par la communauté orthodoxe au niveau international – l’»Eglise orthodoxe autocéphale d’Ukraine» regroupe de son côté plusieurs centaines de paroisses. S’inspirant de cette «orthodoxie des catacombes» qui n’avait jamais accepté le régime soviétique, elle a maintenu ses centres d’organisation à l’étranger, en reconnaissant comme «guide spirituel» le métropolite Constantin, chef de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine aux Etats-Unis. Elle semble appuyée discrètement par le patriarche de Constantinople en personne. (apic/fides/rna/be/bb)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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