Strasbourg: Acte final de la Rencontre œcuménique entre la KEK et le CCEE
Signature dimanche de la «Charta oecumenica»
Strasbourg, 22 avril 2001 (APIC) La «Charta oecumenica» du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) et de la Conférence des Eglises européennes (KEK) sera signé dimanche à Strasbourg, au terme de la grande Rencontre oecuménique européenne. Le document vise à renforcer les activités oecuméniques en Europe.
La rencontre de Strasbourg s’est ouverte jeudi avec une célébration œcuménique. Lors de son intervention, la théologienne luthérienne française Elisabeth Parmentier a déclaré que l’Europe comptait de nombreuses places comme Strasbourg, «qui portent les blessures des combats nationalistes, qui ont vu les déchirements des familles, des amitiés, des villages, des querelles entre confessions chrétiennes, des luttes entre cultures».
«Disons ensemble jamais plus, et commençons!», s’est écriée E. Parmentier aux cardinaux, évêques, chefs d’Eglise et autres représentants de toutes les grandes traditions chrétiennes d’Europe – orthodoxe, catholique, protestante et anglicane – rassemblés dans la cathédrale catholique de Strasbourg pour la célébration oecuménique.
La Rencontre oecuménique européenne de Strasbourg, regroupe environ 200 participants officiels. Elle a été organisée par le Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) et la Conférence des Eglises européennes (KEK) qui représente plus de 120 Eglises orthodoxes, anglicanes et protestantes.
C’est la sixième rencontre mise sur pied par la KEK et la CCEE. Cependant, à la différence des précédents rassemblements, il y a approximativement un nombre égal de représentants officiels de la KEK et de la CCEE et de jeunes de moins de 30 ans – qui ont participé à la réunion des jeunes juste avant la Rencontre oecuménique.
Le programme de la Rencontre, qui a lieu du 19 au 22 avril, est très significatif. Dimanche dernier, toutes les traditions chrétiennes ont célébré Pâques à la même date.
Ce week-end, aboutissement, le président de la KEK, le métropolite orthodoxe Jérémie de France, et le président de la CCEE, le cardinal Miloslav Vlk, archevêque de Prague – auquel succédera Mgr Amédée Grab, évêque de Coire -, signeront dimanche 22 avril la Charta Oecumenica – charte oecuménique – établissant les lignes directrices de l’action oecuménique en Europe.
Moments délicats
Cependant la rencontre de Strasbourg intervient aussi en un temps très délicat pour l’oecuménisme en Europe. Une publication du Vatican de septembre dernier, «Dominus Iesus», a irrité de nombreuses Eglises protestantes en réitérant l’affirmation du Vatican selon laquelle les Eglises protestantes ne sont pas des Eglises au sens propre, mais plutôt «des communautés ecclésiales». Autres tensions: en Europe orientale, après l’effondrement du communisme, de nombreux responsables orthodoxes, et notamment l’Eglise orthodoxe russe, ont exprimé leur préoccupation concernant les activités des Eglises catholiques et protestantes dans les territoires traditionnellement orthodoxes en Europe et dénoncé le «prosélytisme».
Le texte qui sera signé dimanche a été accepté en janvier après presque deux années de consultations avec les Eglises membres de la KEK et les Conférences épiscopales. Ce texte n’a pas encore été rendu public, mais il devrait traiter des questions les plus délicates auxquelles se trouvent confrontées les Eglises européennes aujourd’hui, entre autres les activités missionnaires en Europe, la relation entre identité religieuse et identité nationale ou ethnique, et ce que certains observateurs voient comme un fossé croissant entre l’Europe orientale et occidentale.
Ce que les Eglises chrétiennes ont en commun
S’exprimant lors d’une conférence de presse le 19 avril, le cardinal Vlk a rappelé que la Charta Oecuménica avait comme objectif de tracer la voie vers «l’oecuménisme visible des Eglises en Europe». «Nous savons bien ce que les Eglises chrétiennes ont en commun. Nous avons l’Evangile en commun, nous avons le Notre-Pére en commun, nous avons le Credo en commun… Nous avons l’Esprit Saint en commun. Nous avons défini ce que nous avons en commun et ce que nous pouvons vivre ensemble, et c’est un grand pas en avant», a-t-il dit, avant d’ajouter que la Charte allait être «recommandée» à toutes les Conférences épiscopales de la CCEE.
Lors de la conférence de presse, le métropolite Jérémie a de son côté fait remarquer que cela «avait été un grand accomplissement d’arriver à ce résultat», tout en mettant l’accent sur la «complexité» de la KEK, qui représente «la famille protestante et la famille orthodoxe». La Charta Oecuménica est «un texte de base», qui va être envoyé aux Eglises. Ces dernières peuvent elles-mêmes l’adapter aux circonstances dans lesquelles elles se trouvent. «Nous, les orthodoxes, avons réagi (à la Charte), et pas toujours de manière favorable. Certains protestants ont réagi de la même façon», a-t-il conclu.
Soudan: Premier symposium sur la lutte contre l’excision
Une vieille loi de 1946 ressuscitée
Khartoum, 22 avril 2001 (APIC) Un symposium national chargé d’élaborer une stratégie de lutte contre l’excision et les mutilations génitales féminines a recommandé la semaine dernière à Khartoum l’application d’une vieille loi de 1946 pour mettre fin à cette pratique dans le pays. Le Soudan est l’un des vingt sept pays africains où l’ablation du clitoris est pratiquée depuis plus de deux mille ans.
La disposition invoquée, n’a jamais été appliquée depuis sa promulgation. Elle réprime sévèrement l’excision, en prévoyant une peine d’emprisonnement pour les personnes reconnues coupables de mutilation sexuelle féminine. Si elles sont membres du corps médicale, leurs autorisations d’exercer la médecine peuvent être retirées.
Les participants au symposium ont également préconisé une vaste sensibilisation de la population sur les méfaits de la pratique de l’excision. Il faut «enseigner et faire comprendre à la population que l’excision est une pratique illégale qui viole le traité international sur les droits de l’enfant» auquel le Soudan a souscrit, ont-ils notamment indiqué dans un communiqué publié par l’Institut Public de Réforme Juridique (IPRJ) et rapporté par l’Agence de Presse Panafricaine (PANA). Dans ce texte, l’IPRJ encourage les soudanais des deux sexes et les autorités locales, à assumer leur devoir qui consiste à combattre cette pratique, en dénonçant leurs auteurs à la justice.
Le symposium, premier du genre au Soudan, l’un des pays islamistes et conservateurs au monde, était organisé conjointement par l’IPRJ et l’UNICEF. Selon ses participants, «un suivi attentif de la loi de 1946 et des programmes explicatifs soigneusement conçus peuvent contribuer à mettre fin à l’excision au Soudan».
Obstacles en Afrique
La lutte contre l’excision est un combat difficile à mener en Afrique. Les organisations de défenses des droits de l’enfant, les associations féminines, ainsi que diverses autres Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont déployés de gros efforts ces dernières années pour faire comprendre aux pratiquants de cette méthode qu’elle ne repose sur aucune base religieuse légale. (apic/ibc/pr)




