Recherché par la police depuis 5 ans

Chine: Arrestation d’un évêque catholique clandestin la veille de Pâques

Stamford/Pékin, 23 avril 2001 (APIC) Un évêque catholique «clandestin» chinois, ainsi que des prêtres et des laïcs catholiques ont été arrêtés la veille de Pâques, annonce lundi la Fondation du Cardinal Kung à Stamford, aux Etats-Unis. La Chine poursuit ainsi son offensive contre l’Eglise catholique non reconnue par les autorités communistes. Vendredi saint, la police chinoise a interpellé à Pékin Mgr Cosmas Shi Enxiang, évêque de Yixian, dans la province du Hebei, qui entoure la capitale chinoise. Mgr Shi Enxiang, âgé de 79 ans, n’appartient pas à l’Eglise dite «patriotique» agréée par le régime.

A l’heure actuelle, une dizaine d’évêques «clandestins» sont détenus dans les geôles de Pékin. La nouvelle a été diffusée lundi par la Fondation du Cardinal Kung, qui porte le nom du célèbre évêque dissident chinois, Mgr Ignatius Kung Pin-mei, ancien évêque de Shanghai aujourd’hui décédé.

L’arrestation de l’évêque clandestin a été démentie par la police, qui a toutefois admis qu’elle recherchait le religieux dissident depuis 1996. Quant à l’évêque officiel de Baoding, Mgr Pan Deshi, il a estimé qu’il n’était pas vrai que l’évêque non officiel ait été harcelé par la police, qui aurait seulement essayé de «l’éduquer». L’évêque de Yixian (autrefois préfecture apostolique de Yihsien) se serait, selon lui, «enfui», mais n’aurait pas été arrêté. Ordonné évêque en 1982 après trente ans de prison, Mgr Shi avait à nouveau été détenu de 1990 et 1993. Il avait réussi à échapper à une nouvelle arrestation en 1996 et vivait clandestinement depuis lors.

Plus d’un millier de lieux de culte détruits en un an dans le Zhejiang

La Semaine sainte, rapporte encore la Fondation du Cardinal Kung, quatre prêtres de l’Eglise clandestine ont par ailleurs été arrêtées dans divers endroits de Chine: Li Jianbo, 34 ans, du canton de Manchang, dans la province du Hebei, Lu Genjun, 39 ans, appréhendé à Baoding – il a été condamné à trois ans de camp de rééducation par le travail -, Geng Yunxiang et Liao Haiqing, arrêtés Vendredi saint à Fu’an, dans la province du Fujian, et à Linchuan (anciennement Fuzhou), dans la province du Jiangxi.

«Pendant que les chrétiens du monde entier célébraient la Semaine sainte, l’Eglise catholique du silence subissait un nouvel accès de répression de la part du gouvernement chinois», peut-on lire dans le communiqué de la Fondation du cardinal Kung. Alors que l’attention des médias est régulièrement attirée par la répression sanglante contre la secte bouddhiste du Falungong, la lutte contre les Eglises chrétiennes protestantes et catholiques non reconnues au sein du Mouvement des Trois Autonomies ou de l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC) se poursuit implacablement: depuis un an, un bon millier de lieux de culte non enregistrés ont ainsi été détruits dans la seule province du Zhejiang.

Après la rupture des relations diplomatiques entre la Chine et le Vatican au début des années 50, le parti communiste chinois a poussé à la fondation de l’APCC en 1957. Seuls les catholiques affiliés à l’APCC – qui seraient entre quatre à cinq millions – peuvent pratiquer ouvertement leur culte, tandis que les «clandestins» – dits «fidèles à Rome» – seraient deux fois plus nombreux. Ces derniers sont depuis quelques années en butte à une répression qui ne faiblit pas. (apic/kna/be)

23 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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