Vers une Convention contre les disparitions forcées

Genève : L’ONU adopte une résolution sur les disparitions forcées ou involontaires

Genève, 24 avril 2001 (APIC) La Commission des Droits de l’homme à Genève a adopté une résolution selon laquelle elle désignera un expert indépendant pour étudier la question des disparitions forcées ou involontaires et créera un groupe de travail intersessions. Ces deux pas constituent une importante avancée vers la création d’une Convention contre les disparitions forcées.

La Commission a rappelée aux gouvernements que tous les auteurs de disparitions doivent être poursuivis et a dénoncé l’impunité comme une des causes fondamentales et en même temps un des principaux obstacles à l’élucidation des cas antérieurs. Elle estime qu’il revient aux Etats de faire les recherches pour trouver les responsables.

A titre d’exemple, l’Argentine compte 9’000 disparitions avérées, mais le nombre réel est estimé à quelque 30’000. Le gouvernement argentin n’a jusqu’à maintenant fait aucun effort pour connaître les responsables de ces disparitions. L’Association américaine de juristes a reconnu devant la Commission sa satisfaction face à la décision d’un tribunal argentin, lequel a jugé inconstitutionnelle la loi dite de «point final», qui visait à assurer l’impunité des responsables militaires dans les violations de droits de l’homme perpétrées dans le pays durant la dictature militaire. Jairo Sanchez, au nom de l’Association, a regretté que le Ministre de défense argentine se soit opposé à la prise de position du tribunal argentin.

Disparition de 100 ressortissants allemands

Stefan Herbst, membre de la centrale missionnaire des franciscains, soutient qu’il faut faire pression de l’extérieur pour que faire abolir l’impunité dans les pays où il y a eu des disparitions forcées. «Missionszentrale der Franzikaner» a présenté avec d’autres ONG 100 cas de disparus allemands ou de descendance allemande au procureur de Nuremberg. Stefan Herbst soutient que le cas de l’Argentine pourrait être utilisé comme exemple pour lutter contre l’impunité, qui est mise en application dans le continent latino-américain et dans beaucoup d’autres pays.

M. Herbst a soutenu devant la Commission qu’aucun pays ne peut se prétendre démocratique s’il applique le principe d’impunité. Il félicite le Gouvernement uruguayen qui après plusieurs années a formé un Comité pour la paix chargé d’éclaircir la situation des disparus et d’indemniser les familles. (apic/ines/bb)

24 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!