Soudan: Le principal parti de l’opposition appel au respect des minorités religieuses

Khartoum, 25 avril 2001 (APIC) Mahmoud Abbo, un des responsables du parti Oumma, la plus importante formation politique de l’opposition au Soudan, s’est violemment attaqué aux «fanatiques» musulmans de son pays, responsables, selon lui, de la récente décision du gouvernement d’annuler une prière chrétienne à Khartoum.

Le 10 avril dernier, les autorités soudanaises avaient procédé à l’annulation d’une prière de chrétiens dans l’église «All-Saints», située dans la ville de Khartoum, entraînant de violente manifestations de protestations des fidèles.

Lors d’une rencontre avec le conseil des églises du pays, M. Abbo a aussi réclamer au gouvernement, respect et considération des droits de toutes les communautés religieuses vivants au Soudan. Le gouvernement doit «protéger tous les groupes, dans la pratique de leurs droits religieux», a souligné ce responsable politique.

Devant la vague de protestation chrétienne, les dirigeants soudanais ont ni avoir ordonné à l’administration, de faire annuler la prière. Il a été seulement demandé aux chrétiens de changer de lieux de prière, en la déplaçant dans la banlieue, a-t-on affirmé de source gouvernementale. Cette décision a été prise pour éviter des troubles avec des musulmans, a encore indiqué le gouvernement. Le Soudan, confronté à une lutte armée depuis 1983 opposant le nord musulman au sud chrétien et animiste, est dirigé depuis juin 1989 par un régime islamiste.

De nombreux chrétiens avaient été blessés pendant les troubles du 10 avril. D’autres également, dont des prêtres, ont été arrêtés. Selon le secrétaire général du Conseil des Eglises du Soudan (CES), Enock Tombe Stethen, un évangéliste, allemand, Reinhard Bonnke a été contraint de quitter précipitamment le pays, sur conseil du CES.

Au cours d’une conférence de presse qui a suivi les affrontements entre leurs fidèles et les forces de l’ordre, les responsables de dix églises membres du CES ont souligné, la difficile cohabitation inter-religueuse au Soudan. «Les Eglises sont, en permanence, soumises à de fortes pressions du gouvernement», a déclaré Taban Alu Nyalle, vice-président du Conseil, soulignant que cette attitude constitue une «menace».

Le secrétaire général de l’église épiscopale, Ezekiel Kondo, a quant à lui, préconisé l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités des incidents et réparer «l’injustice que subissent les chrétiens». Il a propos une rencontre entre les chrétiens et le président Oumar El Bééchir. Dans le passé, de nombreuses tentatives avaient été prises dans ce sens, mais en vain. (apic/ibc/pr)

25 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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