Nouvelles restrictions pour la liberté d’expression
Algérie: Interdiction formelle des prêches politiques dans les mosquées
Alger, 1 mars 2001 (APIC) Le gouvernement a annoncé mercredi l’interdiction de prêches jugés «violents» dans les mosquées algériennes, soulignant que les auteurs de tels actes seront sévèrement punis. L’Algérie est secouée depuis une dizaine d’années par une violence islamiste.
Un projet de disposition sanctionnant les prêches violents a été introduit dans le code pénal. Selon le ministre de la Justice Ahmed Ouyahia, cette pénalisation permettra de protéger le caractère sacré des mosquées qui ont été détournées, à son avis, de leur objectifs. «La noble enceinte de la mosquée a été souillée de force», a-t-il dit, accusant «le terrorisme barbare qui se base sur un discours hérétique». Les autorités affirment que la protection de la mosquée par la force du droit est devenue une nécessité.
L’amendement introduite prévoit une peine d’emprisonnement de 3 à 5 ans et le paiement d’une amende d’environ 5’000 Frs contre tout contrevenant. En cas de réédition, ces sanctions pénales seront doublées. Ces mesures ont été prises du fait de l’apparition de signes «de résurgence de prêches de nature à semer la discorde et encourager la sédition», a souligné Ouyahia, dans des propos rapportés par l’agence Algérie Presse Service (APS).
Pour être appliqués, ces projets de loi devront être adoptées par le parlement lors de sa prochaine session.
la presse n’est pas épargnée
Un autre projet d’amendement puni l’atteinte de la presse au chef de l’Etat et aux institutions constitutionnelles, comme l’armée, la gendarmerie, la justice. Il impose une amende de 1’200 à 125’000 Frs, contre tout organe de presse qui s’attaquerait, sans raison valable, au président de la République. Les auteurs de ces articles «diffamatoires» se verront infliger une peine de prison allant de un à trois ans ferme. (apic/ibc/om/pr)




