Oui prudent aux options de la présidente Gloria Arroyo

Philippines: L’Eglise catholique et le contrôle des naissances

Manille, 2 mars 2001 (APIC) Tout en se montrant favorable aux nouvelles orientations évoquées par la présidente Gloria Arroyo en matière de contrôle des naissances, l’Eglise catholique des Philippines reste prudente.

Sur le sujet sensible de la politique à mener en matière de contrôle des naissances, les nouvelles orientations que la présidente Gloria Arroyo a évoquées lors d’une conférence internationale sur la «santé reproductive» dans la région Asie-Pacifique ont été plutôt bien accueillie par les responsables de l’Eglise catholique. «Si l’administration Arroyo se montre prête à considérer la position de l’Eglise au sujet de la planification naturelle des naissances, c’est fort bien», a commenté Mgr Orlando Quevedo, président de la Conférence épiscopale catholique. Cependant, si des discussions avec le gouvernement sur ces sujets sont possibles, les évêques philippins se montrent prudents. «Par le passé, de semblables discussions ont mené nulle part du fait de nombreuses pressions extérieures – et, à une occasion au moins, nous estimons que nous avons été «utilisés» comme si le fait de discuter (avec les autorités gouvernementales) signifiait que l’Eglise approuvait les politiques menées (par ces mêmes autorités)», a ajouté Mgr Quevedo.

Devant les délégués d’une vingtaine de pays, réunis à Manille du 15 au 19 février, Gloria Arroyo, ancienne secrétaire au Bien-être social, a déclaré que son gouvernement était «prêt à adopter de nouvelles techniques en matière de planning familial, techniques qui soient applicables dans le contexte social (des Philippines)». Soulignant que des techniques naturelles fiables de contrôle des naissances ont été développées, elle a estimé que les programmes éducatifs devaient répondre aux évolutions de la société tout en préservant les valeurs culturelles et religieuses qui ont, selon elle, motivé les soulèvements populaires de février 1986 et de janvier 2001.

Catholique pratiquante, la présidente n’a pas fait explicitement état de sa foi religieuse mais a affirmé que la politique de son gouvernement était fondée sur «le développement responsable de la paternité et de la maternité», et donc sur la co-responsabilité des conjoints quant au choix du nombre d’enfants et de l’espacement des naissances. «Après tout, s’est-elle exclamée, les hommes exercent une grande influence sur les décisions concernant la santé et les choix du moyen de régulation de la fertilité de leur épouse».

Entre 4 et 5 enfants

Catholiques à 82%, les Philippines comptent 75 millions d’habitants, avec un taux moyen d’accroissement annuel de 2,3% ces dernières années. Selon les sondages menés par l’administration philippine, le taux de fécondité s’établit à 3,7 enfants par femme en âge de procréer, les femmes en milieu rural donnant naissance à deux fois plus d’enfants que celles vivant en ville. Les régions les plus pauvres (Eastern Visayas et Bicol, par exemple) connaissent des taux plus élevés – jusqu’à cinq enfants par femme. Au cours de ces trente dernières années, l’usage de moyens de contraception a été multiplié par trois, 47% des femmes mariées déclarant utiliser ou avoir utilisé un tel moyen, sans qu’il soit précisé s’il s’agissait de méthodes naturelles ou artificielles. (apic/cip/eda/pr)

2 mars 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!