Belgique: Une journée pour la paix... et contre l’idolâtrie à l’université catholique de Leuven

Le mythe «absolu» du corps parfait grâce à la génétique

Louvain, 4 mars 2001 (APIC) En vantant des corps exceptionnels, on normalise l’excès jusqu’à vouloir la perfection dès l’origine, grâce à la génétique, a averti le professeur belge Bard Vanreusel. L’idolâtrie n’est en effet pas qu’un phénomène religieux. Elle a aussi ses avatars sociaux et éthiques, ont montré les intervenants de la journée annuelle pour la paix, organisée le 1er mars par la Katholieke Universiteit de Leuven, en Belgique en collaboration avec Pax Christi.

Dans la bible, le premier et le deuxième commandement du Décalogue sont étroitement liés: «Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi. Tu ne feras pas d’idole». L’interdit de l’idolâtrie précède en outre les grands interdits sociaux, suggérant qu’en réduisant Dieu à l’image de l’homme, on en viendrait à réduire l’homme à rien. Or, Les participants au colloque – mis sur pied sur l’initiative du Centre pour une éthique de la paix, attaché à la Faculté de Théologie de la KUL. En vantant des corps exceptionnels, on normalise l’excès, a montré le professeur Bard Vanreusel, de la Faculté d’Education physique. Cet excès s’empare même de la santé jusqu’à vouloir l’exception dès l’origine, grâce à la génétique: c’est le mythe «absolu», a commenté Kris Dierix, du Centre d’éthique biomédicale de la KUL.

Utiliser le moteur de l’angoisse pour se mettre en relations

Autre domaine où l’excès s’attache à des valeurs qui peuvent être des plus irréelles : la bourse. L’idolâtrie emprunte ici la voie de «la course folle au profit», a montré le professeur Gerrit Manenschijn des Pays-Bas). Le professeur Bart Pattyn de l’Institut Supérieur de Philosophie s’est interrogé sur la propension de la culture médiatique de «sécréter l’idolâtrie». La télévision propose à chacun, dans son salon, de rejouer la scène biblique de l’adoration.

La télévision joue sur les pulsions primaires de l’être humain, qui veut échapper à l’ennui et à l’insécurité. Avec des programmes de jeux distrayants, des films de divertissement, du sexe et de violence, le médium essaie de retenir l’attention du spectateur aussi longtemps que possible, observe plutôt B. Pattyn, dans une interview accordée récemment à l’hebdomadaire paroissial «Kerk en Leven». «Car ce sont les chiffres de l’audience qui dictent la programmation. Or, à l’inverse de ce que les contacts sociaux peuvent offrir dans une communauté, la télévision ne peut pas amener l’individu à une estime de soi. Le philosophe ne voit d’autre solution que dans une participation active de l’’individu. «Que l’angoisse et l’insécurité soient une motivation de ne pas tout laisser tomber mais de rechercher d’authentiques partenaires de dialogue.» (apic/cip/mjp)

4 mars 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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