Les supérieurs religieux du continent dénoncent le libéralisme
Amérique: Mise en garde avant le Sommet des Chefs d’Etat au Canada
Port-au-Prince, 8mars 2001 (APIC) Amérique: Mise en garde avant le Sommet des Chefs d’Etat au Canada, à la veille du sommet des chefs d’Etats des pays d’Amérique et du Canada, qui se tiendra prochainement au Canada.
Les délégués de 270’000 religieux et religieuses de tout le continent ont publié une «Déclaration sur la création d’une zone de libre-échange de l’Amérique», qui sera discutée en avril prochain lors de la réunion des Chefs d’Etat des pays de l’Amérique et du Canada. Ils constatent que, » tandis que des pays déchirés par la guerre et l’oppression sociale ont progressé sur la voie de la démocratie, du développement économique et de la réconciliation sociale», Haïti a été abandonnée par la communauté internationale et par nombre de mouvements voués à la défense de la justice sociale et des droits humains.
Les traités de libre-échange promettent la prospérité, mais ils produisent la pauvreté et mettent en danger les cultures locales. Avant leur entrée en vigueur, il faut qu’il «un débat public, avec la pleine participation de tous ceux qui sont concernés», écrivent en effet les président(e)s des religieux (ses) d’Amérique du Nord, d’Amérique latine et des Caraïbes dans un message publié au lendemain d’une réunion tenue fin février à Port-au-Prince.
Pour les signataires, le plan d’action envisagé par les chefs d’Etats du continent en vue de la création d’une zone de libre échange des Amériques (ZLÉA) est profondément biaisé. Il parle de consolider la démocratie, de créer une prospérité par la croissance économique, de réaliser le potentiel humain. «Notre expérience nous démontre que la mise en œuvre d’accords semblables ne produit pas les objectifs escomptés et ne stimule pas le bien commun, écrivent les religieux. Nous voyons chaque jour les effets des politiques de libre marché sur les populations de nos pays : des personnes déplacées, la destruction des cultures locales, l’augmentation du nombre des sans abri, l’insuffisance de soins de santé et des services d’éducation; l’exploitation des femmes et des enfants, le manque d’emplois et la destruction de l’environnement. Ces effets de la pauvreté affectent particulièrement les femmes et les enfants de nos pays.
Quant à la prospérité par la croissance économique, les religieux exigent des dispositions «capables de protéger les cultures, les droits des travailleurs et travailleuses et l’environnement tout en considérant l’impact de cet accord sur la vie des femmes, des enfants et des pauvres», et insistent «pour que cet accord garantisse des services humains élémentaires pour les plus vulnérables». (apic/cip/pr)




