Les prélats craignent l’éclatement de la guerre civile
Paraguay: Rencontre entre les évêques et le président Luis Gonzalez Macchi
Asuncion, 8 mars 2001 (APIC) Les évêques du Paraguay ont exprimé leur vive inquiétude au président e la république Luis Gonzalez Macchi, disant percevoir des signaux susceptibles d’annoncer le déclenchement d’une guerre civile semblable à celle de 1947.
D’après les évêques, qui ont ouvertement critiqué le chef de l’Etat pour son inertie, la faim, la misère, le mécontentement généralisé, l’indifférence et l’incapacité de la classe dirigeante rendent la situation incontrôlable.
Les entretiens avec le président se sont déroulés à Tuparenda, où les prélats s’étaient retirés pour préparer l’Assemblée plénière de la Conférence épiscopale, qui s’est ouverte mardi à Asunción. Mgr Santiago Benítez, évêque de la capitale, a déclaré au président qu’en ce moment, tout conduisait vers un conflit civil. Les évêques ont également demandé à Gonzalez Macchi la raison des retards dans l’application des protocoles d’accord établis avec les paysans sans terre et les indigènes, ainsi que des explications sur la disparition de grosses sommes d’argent récemment prêtées par la Chine.
L’analyse de la conjoncture socio-économique, qualifiée de «chaotique», sera le thème principal des travaux de la Conférence épiscopale, qui se conclura vendredi. (pic/mna/pr)
Zambie: Les Eglises s’associent aux juristes contre Frederik Chiluba
«Le président s’accroche au pouvoir»
Lusaka, 8 mars (APIC) Les Eglises membres du Conseil chrétien de Zambie, la Conférence épiscopale de Zambie et l’Alliance évangélique de Zambie, ont décidé de s’associer aux juristes du pays, regroupés au sein de l’Association des juristes de Zambie, pour lancer une campagne contre les changements constitutionnels. Ceux-ci permettraient au président Frederik Chiluba de briguer un troisième mandat.
Le deuxième mandat du président court jusqu’au mois d’octobre 2001, date des élections. Le Père Ignatius Mwebe, secrétaire de la Conférence épiscopale, a précisé que les Eglises et l’Association des juristes allaient lancer à l’échelle du pays une grande campagne pour protester contre les changements constitutionnels souhaités par le président Chiluba. «Nous porterons cette campagne dans chaque province, dans chaque ville et dans chaque village du pays pour que les citoyens soient bien informés de la situation», a ajouté le prêtre.
Le dimanche 25 février, les membres du clergé catholique et protestant ont lu aux paroissiens «la Déclaration Oasis» qui s’oppose aux changements constitutionnels. «Le président Chiluba doit se comporter comme un homme d’Etat. Il ne doit pas se représenter aux élections présidentielles de 2001. Selon la constitution de Zambie, qui est sans ambiguïté, le président a seulement le droit d’exercer deux mandats de cinq ans», peut-on lire dans la déclaration. Les membres du Mouvement pour la démocratie multipartiste (MDD), au pouvoir, réclament un amendement de la constitution pour permettre au président Chiluba de briguer un troisième mandat.
Quant au président Chiluba, il estime que les gens ont le droit de débattre de la question. «Je me prononcerai quand le débat sera fini», a t-il déclaré. Mgr Merdado Mazombwe, archevêque de Lusaka et responsable de l’Eglise catholique de Zambie et l’évêque John Mambo, responsable régional de l’Eglise de Dieu en Afrique centrale et australe, ont averti que le pays risquait de sombrer dans la guerre civile si le président Chiluba et le parti au pouvoir essayaient de faire adopter les changements constitutionnels par le parlement. (apic/eni/om/pr)




