Le patrimoine du diocèse a été systématiquement pillé
Congo RDC: Le diocèse de Kole tombe en ruines
Kole, 11 mars 2001 (APIC) La guerre qui sévit depuis août 1998 en République Démocratique du Congo (R.D.C.) a réduit le diocèse de Kole en ruines. Des couvents ont été dépouillés de leurs biens, les hôpitaux et les écoles ont été pillés. Les paroisses, autrefois vivantes, doivent maintenant se reconstruire, et la cathédrale, qui n’a pas été épargnée non plus, doit être reconstruite.
Le patrimoine du diocèse de Kole a été systématiquement pillé, annonce l’agence de presse dia, qui désigne l’armée gouvernementale comme principal auteur de ces dégâts. La guerre provoquée par la rébellion interne et trois armées envoyées par le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda qui l’ont soutenue contre le pouvoir de Kinshasa, a causé d’innombrables dégâts à Kole, comme nombre d’autres diocèses de la République Démocratique du Congo.
La journée noire du 13 avril 1999
La violence qui ne cesse d’agiter la région a connu son paroxysme en avril 1999. Lodja, non loin de Kole, dans le Kasaï, au centre du pays, est tombé aux mains des rebelles le 10 avril de cette année-là. Les soldats de l’armée gouvernementale ont choisi Kole comme lieu de repli pour se réorganiser et s’y sont rendus le 13 avril. 4’000 soldats ont alors été hébergés dans cette cité de 5’000 à 6’000 habitants. Les militaires ont immédiatement mis à sac l’évêché, la procure, le noviciat et le dépôt pharmaceutique. Des bicyclettes destinés à un projet de promotion sociale des pygmées, des ordinateurs, des photocopieuses appartenant à des ouvres caritatives ont été emportés par les pilleurs.
Une sentinelle d’un missionnaire Pic-pus (père Roger) peu empressée pour ouvrir la porte à ces militaires en quête du butin est tuée. A Kole-Yango, la Regideso, la mission et les boutiques ont été pillées. A Lomela l’hôpital est dépouillé de tout. Sur ce même territoire l’hôpital de Tshundi, la paroisse et le petit séminaire de Loto ont également été pillés.
Le climat d’insécurité a contraint l’évêque du lieu, Mgr Stanislas Lukumuena, à quitter le diocèse pour se mettre à l’abri ailleurs dans le pays. Au terme de ce passage des soldats de la rébellion, l’Eglise qui est à Kole est en ruines et doit à présent entreprendre sa reconstruction.
Un diocèse autrefois vivant
Avant ces événements malheureux le diocèse de Kole comptait 10 paroisses et plusieurs succursales paroissiales viables. Celles-ci en principe sont en relais avec les communautés ecclésiales vivantes de base. Ces dernières étaient bien structurées et prenaient en charge tous leurs besoins essentiels, notamment la prière, la catéchèse, les visites aux familles, l’aide aux pauvres et les travaux de construction.
Ce diocèse situé dans le Centre-ouest du pays dispose de 34 prêtres diocésains, dont 23 exercent leur apostolat sur place. Jusqu’en septembre 2000 les Sœurs servantes de l’Eglise et les Frères du Christ vivant exerçaient aussi leur apostolat au sein de l’Eglise à Kole. La population catholique est estimée à 60’000 fidèles pour environ 270’000 habitants. (apic/dia/bb)




