La Ligue des femmes catholiques, réserve d’énergie de l’Eglise
Suisse: Deux organisations féminines ont reçu le Prix Herbert-Haag à Lucerne
Lucerne,
(APIC) La Ligue suisse des femmes catholiques (SKF) et l’Association des femmes touchées par le célibat des prêtres en Suisse (ZöFra) ont reçu vendredi soir 9 mars à Lucerne, en grande pompe, le Prix Herbert-Haag «Pour la liberté dans l’Eglise». Le théologien Hans Küng a salué en sa qualité de président du Conseil de la fondation Herbert Haag plus de 250 invités.
Chef du magazine «Religion et culture»* de la télévision suisse alémanique DRS, Erwin Koller a remis lui-même la somme de 7’500 frs à chacune des organisations lauréates.
Le théologien fribourgeois Leo Karrer a comparé la Ligue des femmes catholiques, et ses 250’000 membres, à une réserve d’énergie et un stimulateur d’une compréhension de la foi crédible, ouverte et capable de convaincre, bien au-delà des frontières de l’Eglise catholique. La Ligue des femmes répond aux défis posés au christianisme par la société actuelle – comme celui de l’égalité de traitement des hommes et des femmes au sein de l’Eglise – par l’Œuvre Sainte-Elisabeth ou le Fonds de solidarité pour la mère et l’enfant. Le professeur de théologie morale a également cité la parution œcuménique de la revue «Schritte ins Offene» et l’élaboration d’une formation en prise adapté aux besoins actuels. Oser traiter les questions brûlantes de ce temps à l’intérieur de l’institution ecclésiale requiert vigilance et courage, a-t-il souligné.
La présidente de la SKF, Verena Bürgi, a précisé que l’honneur du Prix Herbert-Haag rejaillissait sur celles qui l’ont précédée à la tête de la Ligue féminine et sur les membres de l’organisation catholique dont les compétences, la foi dans le Christ et l’expérience sont à la base de l’action de la SKF. Cette récompense est un encouragement à briser les tabous pour envisager tous les aspects de la réalité que vivent les femmes.
La vocation au célibat ne peut être le fruit de la contrainte
Religieuse du couvent des dominicaines de Ilanz (GR) et ancienne animatrice de l’émission religieuse du dimanche matin, sur la chaîne alémanique, Ingrid Grave a désigné la chasteté comme une vocation à part entière, en dehors de celle du sacerdoce. Les vocations viennent de Dieu: elles ne peuvent s’obtenir par la contrainte et ne s’appliquent pas toujours à la vie entière. Le oui est à redire toute la vie. Lorsque des prêtres entretiennent des relations secrètes avec des compagnes sous le couvert du célibat, ils se nuisent à eux-mêmes et aux femmes concernées. La ZöFra fait preuve de courage en attirant l’attention sur cette souffrance, et se fondant sur le principe biblique de la vérité qui rend libre, a jouté la religieuse.
La présidente de la ZöFra, Grabriella Loser a déclaré que le Prix Herbert-Haag accréditait le travail de l’association des femmes touchées par le célibat, dont la mission est souvent de «déblayer les gravats que les hommes en guerre laissent derrière eux». Elles espèrent voir une fois se réaliser leur rêve: que l’Eglise résolve enfin la question douloureuse du célibat obligatoire des prêtres. Ce ne sont pas seulement les évêques qui sont en cause mais également les communautés ecclésiales et le peuple, qui doit tourner le dos à un modèle de fonctionnement centré sur le clergé.
Le rôle de l’Etat
Secrétaire général de la Conférence suisse des directeurs de l’Instruction publique (CSDIP), Hans Ambühl a évoqué la signification des structures de droit ecclésiastique dans le pays. Il a dit ne pas partager la vision de l’évêque du diocèse de Bâle Mgr Kurt Koch, qui estime que «l’Eglise est trop dépendante de l’Etat en Suisse». L’Etat ne s’ingère pas dans les affaires intérieures de l’Eglise catholique mais se contente de lui octroyer un statut de droit public, pour qu’elles disposent des moyens de remplir sa tâche, a souligné Hans Ambühl. Le système de corporations de droit ecclésiastique permet d’assurer un service au sein de l’Eglise, selon les principes d’une démocratie transparente et de l’égalité de traitement de tous les membres de la communauté ecclésiale. Les organes de droit ecclésiastique sont les seuls endroits où les femmes peuvent bénéficier de l’égalité au sein de l’Eglise, a encore souligné le secrétaire-général. (apic/dor/wm/mjp)




