Russie: Mgr Kondrusiewicz répond aux accusations d’expansionnisme
L’administrateur apostolique de Russie se dit «indigné»
Moscou, 13 mars 2001 (APIC) Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, administrateur apostolique pour les catholiques de la Russie, s’est montré «indigné» et souligne, dans un appel publié le 13 mars par le quotidien italien ’Avvenire, la «préoccupation sérieuse et motivée» des catholiques en Russie après que la Douma, sous la pression du député ultranationaliste Wladimir Zhirinovskij, ait demandé au gouvernement le 9 mars, de prendre des mesures «pour empêcher l’expansionnisme du catholicisme».
L’effort constant des catholiques, a affirmé Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, est celui de vivre «dans un dialogue constructif avec la société civile», qu’elle cherche à «consolider avec une constante attention aux idéaux de paix et de concorde».
Concernant les rapports avec «les autres confessions et les autres religions», Mgr Tadeusz Kondrusiewicz souligne leur «respect réciproque» et affirme que dans cet esprit ils ont l’intention de poursuivre leur «participation aux activités du Comité chrétien de consultation interconfessionnelle».
Pour Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, même si les catholiques de Russie sont «contrariés» par le fait que cette demande émane d’un «organe aussi important et respectable que le parlement» qui est «appelé à manifester et à défendre les intérêts de toute la société russe, y compris ceux des minorités religieuses», ils ne veulent pas croire que cette interpellation «puisse être l’occasion d’une campagne politique sérieuse et préoccupante». Les catholiques seraient, a-t-il affirmé, «plutôt en face d’une série de malentendus déterminés par un manque absolu d’informations».
Incompréhensions sur le besoin en forces pastorales
Les «malentendus» auxquels se réfère le chef des catholiques russes concernent notamment le fait que certains milieux orthodoxes considèrent comme excessif le nombre de missionnaires et de religieux étrangers par rapport aux besoins des catholiques du pays. Or, selon l’agence de presse Fides, pour atteindre le million de catholiques qui se trouvent dans l’immense territoire de la Fédération Russe, il faudrait au moins 600 prêtres, le triple de ceux qui sont actuellement en service (un peu plus de 200).
Nombre d’entre eux, qui plus est, rencontrent des difficultés pour obtenir leur permis de séjour, et sont contraints de faire périodiquement des voyages à l’étranger et à l’intérieur du pays. Un autre problème qui montre le » peu d’expansion » du nombre des catholiques, c’est l’insuffisance totale des moyens de toutes sortes dont ils disposent. Les paroisses et les autres communautés catholiques russes n’ont pu récupérer jusqu’à présent que 20% seulement des propriétés et biens de l’Eglise qui existaient avant 1930.
Récupération de l’icône de Kazan
Le parlement avait également posé au gouvernement une question concernant les moyens à employer pour récupérer la célèbre icône de Notre-Dame de Kazan, actuellement au Vatican. Cette icône aurait protégé Moscou lorsque la capitale était occupée par les Polonais au XVIIème siècle. Rachetée par des orthodoxes américains au début du siècle, elle a finalement été placée dans les appartements du pape à Rome. Il a déjà été question à de nombreuses reprises d’une restitution et notamment lors d’une visite au Vatican le 26 octobre 2000, du maire de Kazan (capitale du Tartarstan en Russie), Kamil Ishkakov. Jean Paul II serait déjà prêt à rendre cette icône à l’Eglise orthodoxe russe. (apic/imed/fides/bb)




