Assister à la messe aurait posé un problème, pour la Fraternité

Rome-Ecône: Mgr Fellay reçu dans la chapelle privée du pape sans assister à la messe

Rome/Menzingen, 23 mars 2001 (APIC) Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, a bel et bien été reçu – «brièvement» – dans la chapelle privée du pape le 30 décembre dernier, mais il n’a pas assisté à la messe. L’abbé Arnaud Sélégny, secrétaire général de la Fraternité Saint-Pie X à Menzingen, dans le canton de Zoug, a précisé vendredi à l’APIC que cela aurait posé problème, la Fraternité voulant l’abolition de la nouvelle messe.

«Le pape Jean Paul II attendait Mgr Fellay dans la chapelle de ses appartements privés, agenouillé sur son prie-Dieu; le pape a récité un Pater Noster, puis s’est levé et a salué Mgr Fellay, qui était accompagné du cardinal Castrillon Hoyos, et ils se sont souhaité la Bonne Année en italien», rapporte l’abbé Sélégny. Le pape a encore demandé si tout allait bien au niveau des discussions et ensuite Mgr Fellay a reçu la bénédiction du pape. La rencontre a été brève, car le pape était attendu pour une audience.

«Mgr Fellay n’aurait pas voulu assister à une messe moderne»

Certes, pour le secrétaire général de la Fraternité, le fait que Mgr Fellay ait été reçu dans la chapelle privée du pape revêt une dimension symbolique. «Cela montre certainement l’intérêt que le pape attribuait à cette rencontre». Par contre, «si Mgr Fellay avait assisté à la messe, cela aurait posé un autre problème; la Fraternité a remis au Saint-Siège un livre contenant nos critiques théologiques à propos de la nouvelle messe, du nouvel ’Ordo missae’ de Paul VI. Mgr Fellay n’aurait pas voulu assister à une messe moderne».

Des contacts «voulus» par Jean Paul II

Le pape Jean Paul II a «voulu» l’établissement de contacts avec la Fraternité Saint-Pie X, a confirmé jeudi Joaquin Navarro-Valls, directeur de la salle de presse du Saint-Siège. Il a confirmé dans une déclaration les «contacts formels» entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X. «Ces contacts, voulus par le Saint-Père, précise la déclaration, sont encore en cours (…) Pour le moment, je n’ai pas d’autres informations».

Des observateurs autorisés à Rome soulignent que l’insistance du pape Jean Paul II sur le chemin de l’unité que les chrétiens sont appelés à faire à l’occasion du Grand Jubilé doit forcément inclure la recherche du dialogue également avec la Fraternité Saint-Pie X.

Rappelons que le document «Ecclesia Dei adflicta», publié au lendemain des ordinations épiscopales illicites d’Ecône en 1988 parle d’acte de «désobéissance» et d’»acte schismatique» de la part de Mgr Marcel Lefebvre. Mais le texte soulignait aussi la «tristesse» ressentie par Jean Paul II face à cette déchirure: «Cette tristesse est particulièrement ressentie par le successeur de Pierre à qui revient en premier de veiller à l’unité de l’Eglise, même si le nombre des personnes concernées directement par ces événements est relativement réduit.»

Le texte du Motu proprio rappelle les faits: «C’est avec beaucoup de tristesse que l’Eglise de Dieu a appris l’ordination épiscopale illégitime conférée le 30 juin dernier par Mgr Marcel Lefebvre, qui a rendu vains tous les efforts que le Saint-Siège a déployés ces dernières années pour assurer la pleine communion avec l’Eglise de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X fondée par le même Mgr Lefebvre. Tous ces efforts, spécialement ceux de ces derniers mois particulièrement intenses, n’ont servi à rien alors que le Siège apostolique a fait preuve de patience et l’indulgence jusqu’à la limite du possible».

Le texte romain prenait acte de cette «désobéissance» «en une matière très grave», à savoir un «véritable refus de la primauté de l’évêque de Rome», ce qui «constitue un acte schismatique». En accomplissant un tel acte malgré la monition formelle qui lui a été envoyée par le cardinal préfet de la Congrégation pour les évêques le 17 juin 1988, Mgr Lefebvre a encouru avec les prêtres Bernard Fellay (aujourd’hui Supérieur général de la Fraternité), Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta, ordonnés évêques sans l’assentiment de Rome, «la grave peine de l’excommunication prévue par la discipline ecclésiastique». Une excommunication considérée par la Fraternité Saint-Pie X comme «nulle et non avenue». (apic/zn/be)

23 mars 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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