Le cardinal Danneels sur la suppression des crucifix dans les tribunaux et du «Te deum»

Le quotidien «La Libre Belgique a publié vendredi 23 mars, une interview du cardinal Godfried Danneels. L’archevêque de Malines-Bruxelles qualifie la suppression des crucifix dans les tribunaux de «détail révélateur». Tout en reconnaissant au ministre de la Justice le droit de vouloir leur disparition, le cardinal s’étonne qu’une exception soit faite pour les croix œuvres d’art: «Ce sont quand même des croix, que je sache!»

Quant au «Te Deum» et autres prières pour le roi, pour la dynastie et pour le pays, l’archevêque n’est pas opposé à des cérémonies civiles ouvertes à tous. Plus «sérieuse» est la question du «financement de l’Eglise». Or, il lui semble, qu’en Belgique, il n’y a pas de laïcité ouverte. Il estime que doit être aidé et soutenu tout ce qui est profondément humanisant, bon pour l’homme et pour la société. Le cardinal aurait-il des plaintes à formuler? «Non, pas du tout. C’est la laïcité qui se plaint. Je ne suis pas d’accord avec les personnes qui disent qu’il ne faut payer que pour les institutions auxquelles on participe. Parce qu’alors, je demande qu’on cesse de subventionner le Théâtre de la Monnaie et les centres sportifs, puisque je ne vais jamais à l’opéra et que je ne fais pas de sport.»

Mais où sont les évêques?

Le cardinal Danneels s’inquiète de la manière dont s’engage le débat sur les graves questions de l’éthique ou de la bioéthique. «La société n’a plus de vision, plus de projet moral et éthique fondamental, et chacun peut faire ce qu’il veut». Au lieu de garder un rôle pédagogique pour sauvegarder le sens moral, les lois tendent à n’être plus que «des ajustements de procédure». Face à pareille situation, ajoute le cardinal, l’Eglise ne peut rien faire à elle seule. «Evidemment, c’est toujours une tentation de dire: «Mais où sont les évêques? On ne les voit pas». Il serait dommage que l’Eglise soit seule à défendre les valeurs morales fondamentales. «Je connais personnellement bon nombre de non chrétiens qui partagent le point de vue de l’Eglise sur certaines questions éthiques», conclut le prélat. (apic/cip/mjp)

26 mars 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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