Mobilisation pour récolter des fonds

Angleterre: Les Eglises britanniques solidaires des paysans affectés par la fièvre aphteuse

Londres, le 28 mars (APIC) Les Eglises et organisations religieuses sont aujourd’hui au premier rang de l’assistance apportée aux communautés rurales frappées par l’épizootie de la fièvre aphteuse en Grande-Bretagne. «Des lignes d’assistance ont été mises en place par «The Samaritans» pour répondre au nombre croissant d’appels de fermiers désespérés, au bord du suicide. D’après un porte-parole de cette organisation, même avant la crise, les suicides de fermiers en Angleterre et au pays de Galles étaient déjà fréquents.

La fièvre aphteuse s’est déjà déclarée dans plusde 600 foyers au Royaume-Uni. Plus de 600’000 animaux ont été abattus. Cette épizootie a aussi déclenché une crise politique à Londres, le gouvernement de Tony Blair étant accusé de n’avoir pas su gérer la situation.

Les Eglises du pays contribuent au Fonds d’assistance aux fermiers et travailleurs agricoles. Le Fonds est administré par le «Centre Arthur Rank», qui se trouve sur les champs de foire permanents du Warwickshire, dans le centre de l’Angleterre. Gordon Gatward, pasteur méthodiste, a précisé que le Fonds avait déjà collecté 500’000 livres (725’000 dollars); cette somme est répartie en allocations de 2000 livres au maximum pour parer aux besoins immédiats – nourriture pour animaux et argent liquide pour les ouvriers journaliers sans travail.

Comme les revenus des fermiers seront probablement affectés pendant des mois, Gordon Gatward a reconnu que ces petites subventions devront être versées à plusieurs reprises. Le Fonds devrait être de nouveau approvisionné car deux prélats de l’Eglise d’Angleterre, George Carey, archevêque de Cantorbéry, et David Hope, archevêque de York, ont demandé aux anglicans de consacrer le jour de la fête des mères (25 mars) à l’aide aux habitants affectés par la crise dans les régions rurales.

«Pour les paroisses du pays, l’Eglise est depuis longtemps un centre des activités et de la vie communautaires. Il existe déjà, dans le cadre de l’Eglise, des réseaux – officiels ou non – qui, lors de crises précédentes, ont aidé les communautés rurales et nous savons qu’ils feront tout pour apporter leur soutien», ont affirmé les archevêques.

Laisser les égoïsmes de côté

L’évêque Peter Smith, d’East Anglia, président du Département «responsabilité chrétienne et citoyenneté» des évêques catholiques, a pour sa part exprimé sa solidarité avec la communauté des fermiers. «Durant le Carême, nous devons laisser de coté notre égoïsme et nous montrer solidaires de ceux qui sont en difficulté et plongés dans la détresse. Nous tenons à assurer tous ceux qui sont affectés par l’épidémie de la fièvre aphteuse, directement ou indirectement, de notre soutien et des prières des paroisses catholiques du pays».

David Emison, président de l’Eglise méthodiste du district de Cumbria – une des régions les plus touchées – a demandé un jour de prière pour les fermiers et tous ceux qui sont touchés. Il a conseillé aux fidèles de prier toutes les heures durant cette journée. «The Samaritans», association fondée par un ecclésiastique anglican, a annoncé qu’elle dispensait des ressources supplémentaires aux communautés rurales à cause de la crise.

Sacrifié à l’économie

Cette association et le Centre Arthur Rank figurent parmi les six organisations qui vont se voir confier les 500’000 livres versées par le prince de Galles, héritier de la couronne, pour aider les fermiers. Le duc de Devonshire, un des propriétaires terriens les plus riches du pays, a, lui aussi, donné un montant équivalent.

La revue catholique «Tablet» a cité Deborah Jones, du Cercle des études catholiques sur la santé des animaux, qui souligne que le bien-être des animaux est sacrifié à l’économie. Les animaux pourraient être vaccinés à bas prix contre la maladie, indique-t-elle, mais ceci a été évité afin que le pays puisse présenter un certificat en règle pour les exportations. Mais s’il y a un point sur lequel Deborah Johnes se déclare satisfaite, c’est que la crise a enfin provoqué un débat sur ce sujet. (apic/eni/pr)

28 mars 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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