L’Eglise catholique allemande plus prompte que les entreprises
Allemagne: Indemnisation des travailleurs forcés sous le nazisme
Hambourg, 4 février 2001 (APIC) Plus prompte que les entreprises allemandes, l’Eglise catholique en Allemagne a commencé depuis novembre dernier à indemniser des anciens travailleurs forcés employés dans des institutions religieuses durant le régime nazi. Une trentaine d’hommes et de femmes ont déjà reçu chacun la somme de 5’000 DM.
L’Eglise protestante d’Allemagne elle aussi participe: elle a déjà annoncé le versement de plusieurs millions de DM au Fonds d’indemnisation mis sur pied par l’Etat et les entreprises allemandes. De son côté, la Conférence épiscopale catholique allemande a décidé en août dernier de ne pas participer au Fonds commun d’indemnisation mis sur pied par l’Etat et les entreprises. L’Eglise catholique consacrera 5 millions de DM pour l’indemnisation financière des victimes et 5 autres millions pour des projets de réconciliation.
Dans son édition de lundi, l’hebdomadaire allemand «Der Spiegel» interroge l’administrateur du Fonds d’indemnisation catholique, Ferdinand Michael Pronold. Selon ses informations, les diocèses allemands ont identifié les noms de 766 anciens travailleurs forcés, dont 495 avec des données complètes. D’après les recherches du Fonds d’indemnisation de l’Eglise, seuls 10% d’entre eux sont encore en vie. Mais les sommes seront également versées à la parenté survivante, si le travailleur forcé est décédé après le 15 février 1999.
Une trentaine de travailleurs forcés étrangers, venant des Pays-Bas, de Pologne, d’Ukraine et de la Biélorussie ont déjà reçu les 5’000 DM prévus par le Fonds. Ces victimes du travail forcé instauré par le régime nazi sont aujourd’hui âgées entre 67 et 87 ans. Elles ont été employées durant la guerre dans des hôpitaux appartenant à l’Eglise, des cures, des maisons religieuses ou des couvents.
Contrairement aux Eglises, les entreprises allemandes traînent les pieds
Contrairement aux Eglises, les entreprises allemandes traînent les pieds. Président du Conseil central des juifs en Allemagne, Paul Spiegel a critiqué la lenteur de la Fondation de l’économie allemande. Il a qualifié de «situation insupportable» le fait qu’elle ne soit pas encore parvenue à rassembler les 5 milliards de DM destinés à indemniser les victimes du travail forcé. De nombreuses personnalités se sont élevées en Allemagne contre la tactique dilatoire des entreprises. (apic/kna/be)




