APIC Interview

Mgr Kondrusiewicz, en visite «ad limina» à Rome, parle de la visite du pape en Ukraine

Une visite positive pour maintenir la relation avec les orthodoxes

Caroline Boüan, pour l’agence APIC

Rome, 7 février 2001 (APIC) En visite «ad limina» à Rome du 4 au 10 février, Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, administrateur apostolique de la Russie européenne septentrionale à Moscou, doit rencontrer personnellement Jean Paul II le 9 février, avec les trois autres évêques administrateurs apostoliques en Russie. Parmi les questions à l’ordre du jour, celle du voyage du pape en Ukraine, du 23 au 27 juin prochain, reste la plus délicate.

L’Eglise orthodoxe ukrainienne qui dépend du patriarcat de Moscou vient d’écrire au pape pour lui demander de renoncer à sa visite en Ukraine pour l’instant. Elle laisse entendre que cela pourrait nuire gravement au dialogue entre l’Eglise catholique et les orthodoxes. Mais pour Mgr Kondrusiewicz, la visite du pape en Ukraine se révélera positive, malgré les réticences qui se sont exprimées, en vue de maintenir les relations entre Eglise catholique et les orthodoxes.

«J’ai pu discuter de cette lettre avec des représentants du patriarcat de Moscou, et je leur ai dit qu’elle m’a semblé très dure. Ils le comprennent, mais ils restent néanmoins préoccupés à l’idée que le pape puisse rencontrer en Ukraine les représentants des deux Eglises ukrainiennes qui ne dépendent pas de leur juridiction», souligne le prélat.

Il est vrai que l’Ukraine a un très grand poids pour l’Eglise orthodoxe russe. Sur les quelque 19’000 paroisses qu’elle compte au total, 9’000 sont en Ukraine, sans compter celles qui dépendent des deux Eglises dissidentes, près de 2000 pour le dit «patriarcat» de Kiev, dirigé par Philarète Denisenko, et environ 700 pour «l’Eglise autocéphale ukrainienne».

APIC: Le problème est que les deux Eglises, celle du patriarcat de Kiev et l’Eglise «autocéphale ukrainienne», ne sont pas reconnues canoniquement dans le monde orthodoxe …

T.K.: C’est là un élément qui suscite de grandes interrogations, parce qu’il est question que le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier se rende lui-même en Ukraine avant Jean-Paul II, dans l’idée de promouvoir l’unité de ces deux Eglises auxquelles il voudrait donner un statut. Le climat de la visite du pape pourrait donc dépendre beaucoup de ce qui se décidera effectivement à ce sujet.

Le problème est le même que celui qui pose en Estonie depuis 1996 : sous quelle juridiction, celle de Moscou ou celle de Constantinople, doivent se placer les orthodoxes des anciennes nations de l’Union soviétique ? Cela crée des tensions entre les deux patriarcats, qui expliquent que l’Eglise orthodoxe russe ait été la seule à ne pas envoyer de délégation à Istanbul au mois de décembre dernier, pour la rencontre générale des Eglises orthodoxes qui s’est tenue au siège du patriarcat de Constantinople.

Certains ont l’impression que l’Eglise russe s’isole en agissant ainsi. Je souhaite de tout mon coeur au contraire qu’elle s’ouvre davantage. Le monde est tel, désormais, que nous ne pouvons pas vivre les uns à côté des autres séparément.

APIC: Quel est l’état actuel de votre collaboration avec l’Eglise orthodoxe?

Nous avons en Russie de très bonnes occasions de collaboration avec les orthodoxes. Nous nous réunissons régulièrement dans un comité interconfessionnel de consultation, pour discuter notamment de nos relations avec le gouvernement. Nous avons ainsi entrepris dernièrement une démarche commune pour demander que nos prêtres soient exemptés du service militaire. Nous avons aussi le projet commun d’organiser une rencontre interconfessionnelle pour les jeunes au mois de mai, à Moscou, la première du genre. Par ailleurs, les évêques russes ont publié en août dernier, lors de leur «Synode du jubilé», un document sur la doctrine sociale que nous trouvons très bon.

APIC: Le synode ukrainien insiste sur le fait que la visite du pape se prépare alors que Jean Paul II n’a reçu aucune invitation de la part des orthodoxes …

T.K.: Il aurait évidemment été préférable que le pape se rende en Ukraine invité par les orthodoxes. Mais il ne faut pas oublier que c’est avant tout pour les catholiques que Jean Paul II y va: pour les 5 millions de gréco-catholiques et près d’un million de catholiques latins.

L’invitation de la part des orthodoxes n’est donc pas une condition nécessaire pour une telle visite. Lorsqu’Alexis II s’est rendu en Lituanie ou en Autriche, il n’a pas demandé la permission de Jean Paul II !

Dans ce contexte, la visite du pape en Ukraine sera bien sûr difficile et délicate, et il faudra à Jean-Paul II beaucoup d’attention, de courtoisie et de diplomatie. Mais j’espère beaucoup qu’elle permettra aux orthodoxes de comprendre quelle est la réelle mission du pape : apporter la paix à ses fidèles, à son peuple, lui donner du courage et de la force pour l’aider à témoigner de sa foi.

APIC: Est-ce que les catholiques russes vont venir en Ukraine pour y rencontrer le pape ?

T.K.: Ils seront nombreux à venir bien sûr, comme ils sont venus en Lituanie en 1993, et en Pologne il y a deux ans. Je viendrai pour ma part avec des délégations de Moscou et de Saint-Pétersbourg, mais ce sont surtout les groupes venant des régions proches de la frontière ukrainienne qui devraient être importants. Cela devrait faire un ensemble de plusieurs milliers de personnes.

La visite devrait donc avoir un retentissement important en Russie. D’ores et déjà, sa perspective y suscite un grand intérêt, même si beaucoup de journaux se font l’écho des préoccupations des orthodoxes.

Je suis personnellement convaincu que la venue du pape peut aider les sociétés ukrainienne et russe, qui ont besoin d’apprendre comment on peut vivre dans la paix et dans la coopération pour le bien de l’Eglise. Elle peut contribuer à pacifier les esprits et aider à construire des ponts entre l’Est et l’Ouest de l’Europe. Enfin, elle devrait s’avérer positive pour les relations entre l’Eglise catholique et l’Etat russe, au moment-même où nous allons fêter, au mois de mai prochain, les dix ans de la restauration des structures ecclésiales catholiques en Russie. (apic/imed/bb)

7 février 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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APIC – INTERVIEW

Le témoignage de H. El Mountacir, auteure de «Les enfants des sectes»

Quand l’incroyable

dispute la palme à l’odieux

Par Pierre Rottet, de l’Agence APIC

Viol et sévices corporels sont parfois monnaie courante dans l’univers des

sectes en Suisse, en France ou ailleurs, où «l’incroyable dispute la palme

à l’odieux». Pour la première fois, un livre, «Les enfants des sectes»,

révèle le drame quotidien que vivent malgré eux les enfants des adeptes

de sectes. Chargée d’études à l’Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l’Individu (UNADFI), à Paris, Hayat El Mountacir, une Française d’origine marocaine, âgée de 41 ans, lève le voile sur

les violations des droits de l’enfant. Sur les atteintes à leur dignité.

Notre interview.

Pratiques et endoctrinement, chers à la Scientologie, à la secte Moon,

aux témoins de Jéhovah, aux disciples de Raël ou aux dévots de Krishna, y

sont décortiqués. L’auteure démonte le mécanisme des sectes, leur rôle

néfaste sur la famille et sur l’enfant, véritablement jetés dans les

griffes de gourous à l’ego surdimensionné, toujours prêtes à exploiter

les désarrois ici et là. A donner «clé en main» la solution du bonheur.

Volonté de détruire le noyau familial pour les unes, doctrine sanitaire

désastreuse et pratique scandaleuse de la sous-alimentation pour les

autres, ou encore violence corporelle voire sexuelle… C’est pour ces

enfants de «l’obscurité et du silence» que l’auteure a écrit ce livre.

Elle dénonce. Et s’interroge… sur le laxisme des autorités en la matière.

Plus que jamais, dit-elle, il nous faut recourir au «devoir d’ingérence», dès lors que la liberté et l’intégrité de la personne sont en jeu.

H. El Mountacir: Mon objectif? A travers ce livre, j’ai voulu dire:

Voilà ce qui se passe, pour tenter de briser le mur du silence. Jusqu’à

présent, on a consacré des livres souvent événementiels et très factuels

sur le phénomène des sectes. Mais il n’y a pas d’analyse sur le véritable fonctionnement de l’intérieur. J’ai pensé qu’il fallait le faire,

en mettant en évidence le problème des enfants doublement victimes:

dans leur corps à cause des violences, et dans leur esprit par les confusions qu’entraîne l’endoctrinement. Avec pour fil conducteur la Convention

des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, je me suis attachée à

démontrer combien les traitements subis par des enfants de parents

adeptes de sectes sont des atteintes flagrantes à leurs droits. Il était

urgent de révéler la lente destruction physique, psychologique et morale à

laquelle les conduit inéluctablement leur présence dans de nombreux

groupes sectaires. Derrière les masques des sectes, des innocents sont

lentement broyés au nom du tribut à payer pour le triomphe de quelques

gourous psychopathes.

APIC: Vous dénoncez des pratiques scandaleuses voire odieuses. Comment

avez-vous mené vos recherches. Sans doute vous appuyez-vous sur des bases

solides?

H. El Mountacir: Solides, oui… J’ajoute que le livre sorti en France

il y a trois mois n’a pas souffert de la moindre contestation des milieux

visés. L’ouvrage m’a «coûté» trois ans de travail. Il est le fruit d’une

lente maturation théorique et pratique. Par mon travail à l’UNADFI, je

dispose d’une importante documentation. Or il faut savoir que les sectes

disposent de papiers destinés au grand public, mais aussi et surtout

de données à usage interne, pour les responsables. J’ai eu la chance de

pouvoir travailler sur ces informations internes, de les analyser. Je me

suis également basée sur les témoignages: de familles dont les enfants

ont rejoint une ou l’autre secte, de grands-parents inquiets parce qu’on a

soustrait de leur vue des petits-fils envoyés dans l’un ou l’autre centre

d’endoctrinement en Inde, en Italie, en France ou ailleurs, d’ex-adeptes

aussi.

APIC: Tous les témoignages ne sont pourtant pas fiables. Des dérapages

et des exagérations sont possibles…

H. El Mountacir: Pour qu’on puisse affirmer que dans tel ou tel groupe

il y a un grave problème, au niveau de la destruction de la famille ou de

sévices corporels sur les enfants, par exemple, nous disposons de plusieurs

témoignages de personnes, en France, en Suisse ou ailleurs dans le monde. A

partir des documents internes et des témoignages, j’ai essayé de voir en

quoi telle théorie prônée par une secte est mise en pratique. Mon livre est

ainsi fait qu’à de longs extraits tirés de documents succèdent un ou

plusieurs témoignages. A l’UNADFI, nous travaillons sur plus de 1’000

groupes, dont 200 sont considérés comme sectaires. J’ai choisi de dénoncer

l’action dangereuse d’une dizaine d’entre eux par rapport à la famille

et à l’enfant, parce que sur ceux-là, j’ai reçu beaucoup d’appels. Ce

qui ne veut pas dire que les autres groupes ne sont pas nuisibles.

APIC: La famille et les atteintes à l’intégrité de l’enfant reviennent

comme des leitmotive dans votre livre. La secte, par rapport à la famille,

c’est quoi?

H. El Mountacir: L’anti-famille. La famille devient un cadre que la

secte s’approprie et utilise pour sa propre finalité. La logique affective

à la base du choix d’une vie commune est évacuée au profit de la logique

du gourou. Dans le mouvement Raëlien, l’adepte doit s’auto-programmer en

refusant la logique affective. La secte va gérer la vie intime et psychoaffective de l’adepte dans une finalité manipulatrice… Dans certaines

sectes – Moon, Sahaja Yoga, Krishna, notamment -, les gourous marient

parfois les adeptes. Chez Moon, la consommation du mariage est conditionnée

par le nombre d’adeptes recrutés par les futurs époux. Certaines sectes

donnent une nouvelle interprétation de la notion de la famille. En détruisant pour l’individu tous les repères socio-culturels. Dans le

groupe Sahaja Yoga, le gourou est une femme auto-dénommée «Mère divine».

Elle est symboliquement la mère et le père de tous… y compris des fils

et des filles des adeptes. Tout, en réalité, est créé pour déstabiliser

l’enfant. La famille devient pour la secte un moyen de diffusion de la

doctrine. Et par rapport à l’enfant, la famille est un laboratoire pour

fabriquer des êtres «parfaits» au regard de la doctrine. Cette vision

totalitaire de l’homme nouveau questionne sur les dérives eugénistes.

APIC: En quoi se traduisent les violations des droits de l’enfant, dont

les exemples abondent dans votre livre?

H. El Mountacir: Par des atteintes affectives, intellectuelles et physiques. Dans certaines sectes, les relations affectives avec les parents

biologiques sont réduites au miminum. Chez les dévots de Krishna, les enfants sont envoyés en Ashram, en Italie, par exemple, ou en Inde, séparés

des parents. C’est notamment le cas d’enfants suisses. Il faut savoir que

nombre d’enfants sont ainsi déscolarisés pour les besoins de l’endoctrinement des sectes. La secte Sahaja Yoga envoie dès l’âge de 6 ans les

gosses en Inde. Lorsqu’ils se rebellent à l’adolescence, les jeunes sont

confiés à d’autres adultes de la communauté. Dans la secte Moon, les enfants sont séparés des parents, pour les «protéger d’un monde impur».

En Scientologie, les enfants fréquentent en principe l’école publique ou

privée. Même si souvent, on les envoie à l’»Ecole de l’éveil». Mais ils

suivent des cours de scientologie après la classe et sont progressivement

préparés à intégrer le langage et les enseignements de la secte. A Clearwater, aux Etats-Unis, les enfants sont scolarisés dans l’école du

groupe. Une jeune fille de 11 ans témoigne sur le travail à fournir: du

lundi au vendredi, dès la classe terminée jusqu’à 22h30, le samedi de 12

heures à 22h30 une semaine sur deux, le dimanche de 8 heures du matin à

22h30. On le constate, les sectes profitent parfois des dispositions juridiques permettant la déscolarisation pour marginaliser les enfants.

Quant à Raël, il propose de faire passer des tests aux enfants à 5 ans à

la maternelle et à 12 ans à l’entrée en secondaire, afin d’en extraire les

génies en herbe et les surdoués. La méditation sensuelle est l’un des axes

centraux de la doctrine raëlienne.

APIC: C’est la démission des parents. Et même de la société…

H. El Mountacir: Oui. Dans les sectes, l’intégrité physique de l’enfant,

à des degrés divers, n’est pas respectée. Cela va de la maltraitance physique au refus du droit à la santé – c’est notamment le cas chez les Témoins de Jéhovah -, en passant par l’exploitation sexuelle. A la Citadelle, les enfants sont battus pour en «chasser les démons». Cet acte est

accompagné par la lecture de versets. Tout aussi significatif est le cas

d’Ecovie qui allie pour ses adeptes la malnutrition à de mauvaises conditions d’hygiène provoquant des maladies infectieuses. Dans les sectes, le

gourou codifie la violence faite aux enfants et induit le comportement

de la famille qui obéit à ses directives. A travers les actes violents

dirigés contre les gosses, le gourou contrôle l’émotion des parents.

Ceux-ci ne se révoltent pas. Même, ils y participent pour prouver leur adhésion passive et totale à la secte.

APIC: Vous évoquez des violences… allant jusqu’au viol parfois…

H. El Mountacir: Chez les raëliens, le châtiment corporel est souhaité

depuis le plus jeune âge, sous prétexte de respecter la tranquillité des

adultes. Plus grave, le mouvement, qui milite pour la liberté sexuelle des

enfants, ne fait pas la nuance entre adultes et parents… Et les relations

équivoques entre parents et enfants sont entretenues. Quant au fondateur de

La Famille (Les enfants de Dieu), Moïse David, il a trouvé une justification dans la Bible pour inscrire dans la réalité ses propres fantasmes..

Il a exercé son droit de cuissage sur les enfants de ses adeptes et jusqu’au sein de sa propre famille. Sans oublier ses «fidèles»… et avec

un penchant pour le sadisme, qui plus est. Dans certains cas, les enfants

assistent aux pratiques sexuelles des parents. Dans d’autres, les relations entre enfants sont favorisées…. lorsque ça n’est pas l’inceste.

APIC: La croissance des sectes dans le monde occidental est une réalité.

Quel but poursuivent-elles, avec quels discours?

H. El Mountacir: Les sectes, avec leur organisation pyramidale, proposent le bonheur «clé en main»… La pratique de l’ésotérisme vise à découvrir le surhomme qui sommeil quelque part en nous. La secte va justement faire miroiter un peu de miracle. En flattant l’individu, en lui

disant au départ qu’il est le meilleur. En fait, les sectes font leur le

questionnement qu’opère l’individu sur lui-même. Elles s’y engouffrent en

donnant des réponses rapides à ses problèmes existentiels. En disant: «Ne

réfléchissez plus: on le fait à votre place». Les sectes exploitent le

désarroi des individus dans la société d’aujourd’hui et jouent sur l’angoisse. Elles ont trouvé là un créneau très important. Il faut

croire et expérimenter, disent-elles. Ce stade de l’expérimentation correspond à notre société rationnelle. Et c’est en cela que les sectes récupèrent le côté rationnel de nos sociétés, non pas dans une finalité libératrice, mais «manipulatoire».

APIC: Combien de Guyana, de Waco, de Cheiry et Salvan la société

devra-t-elle encore vivre avant que les mesures qui s’imposent ne soient

prises. On s’étonne du laxisme des autorisés face aux sectes, puissantes

financièrement et politiquement?

H. El Mountacir: Les sectes, c’est vrai, sont puissantes politiquement

et financièrement. Elles ont du reste leurs comptes en banque en Suisse et

au Liechtenstein, notamment. Politiquement, elles arpentent les lieux où se

prennent les décisions… Au Conseil de l’Europe, au Parlement européen,

par exemple. On envoie des dossiers bien ficelés juridiquement, avec l’aide

d’avocats sûrs et bien payés. Il est clair qu’il faut respecter la liberté

de conscience, la liberté religieuse. Mais dans une certaine limite et dans

la mesure où elle ne porte pas atteinte à la dignité humaine. Le problème

n’est pas simple à résoudre. Vu au niveau international, seule la liberté

religieuse est prise en compte. Et cette notion est en passe de prendre le

pas sur les libertés individuelles. Ce qui fait que les agissements attentatoires aux droits de l’homme par les groupes sectaires relèvent du

droit commun. Or pour saisir la justice, il faut une infraction. Mais

tout se passe à l’abri des regards, dans le secret. Et comme les enfants

sont «protégés» par les parents… et que ceux-ci sont soumis aux gourous!

Au Tessin, un père avait réussi à soustraire son fils aux dévots de

Krishna. Conseillé par la secte, le fils est parti la rejoindre. Les

parents ont fait procès, qu’ils ont perdu. Le tribunal a invoqué la liberté d’adhérer à la religion de son choix. En 1993, la Cour européenne de

Justice a donné tort à un tribunal autrichien, qui avait confié la garde

d’un enfant au père dans le cadre d’un divorce. Motif: atteinte à la liberté religieuse réclamée par l’épouse adepte des Témoins de Jéhovah. Les

exemples pourraient se multiplier… toujours au détriment de l’enfant.

(apic/pierre rottet)

ENCADRE

Hayat El Mountacir a fait ses études supérieures à l’Université de

Paris. Elle est titulaire d’une maîtrise de Sciences politiques et d’un

diplôme d’Etude approfondie en «système et structures politiques.

(apic/pr)

«Les enfants des sectes», 366 pages, paru chez Fayard

27 décembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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