Moyen-Orient: Commentaires et pronostics après l’élection d’Ariel Sharon
«Qu’Ariel Sharon ne détourne le cours de l’histoire»
Tel-Aviv, jeudi 8 février (APIC) Commentaires et pronostics d’intellectuels arabes et du père Claudio Baratto de la Custodie de l Terre Sainte, au lendemain des résultats des élections en Israël et de la victoire écrasante d’Ariel Sharon. Les observateurs craignent qu’Ariel Sharon ne détourne le cours de l’histoire et ne soit tenté par l»aventure militaire».
Pour le Père Claudio Baratto, porte-parole de la Custode de Terre Sainte et directeur du «Christian Center» de Jérusalem, Ariel Sharon voudra d’abord garantir la sécurité. A tout prix, car les Israéliens sont traumatisés par la menace d’un conflit armé. Il renforcera les blocus, les contrôles et freinera les contacts. Les religieux de la région n’en seront pas trop gênés mais la plupart des chrétiens pâtiront des restrictions de leur liberté de mouvement, surtout ceux qui travaillent dans les territoires occupés. Pour Mustapha Abu-Sway, professeur de l’Université AlQods, à Jérusalem, «Sharon a été impliqué dans les massacres des camps de Sabra et de Chatila, en 1982. Quelques 2’000 Palestiniens avaient perdu la vie lors de cette attaque. L’élection de ce général est une déclaration de guerre au peuple palestinien et aux pays arabes.
La politique d’Israël est toujours la même
Audi Al-Sowys, éditorialiste catholique jordanien, dit que l’arrivée d’Ariel Sharon à la tête du gouvernement ne signifie pas forcément la renonciation à l’option de paix et le retour au conflit armé. Editeur de An-Nahar, principal quotidien du Liban, Gibran Tueni ajoute que l’élection de Sharon n’est pas d’emblée négative. La stratégie politique d’Israël est toujours la même: seules les méthodes changent. Il faut juger Sharon sur ses actes: Barak a conduit les négociations de paix dans une impasse, constate l’éditorialiste.
Professeur de sciences politiques à l’université de Damas, Imad Shueiby craint que l’élection de Sharon n’entraîne un raidissement d’Israël et n’embarque le pays dans une «aventure militaire», sans aucun appui international, pas même du côté américain. Le nouveau premier ministre d’Israël pourrait également suivre les traces de Menahem Begin pour redorer son blason taché de sang. Il ne faut pas oublier qu’il a su convaincre les colons du Sinaï d’abandonner leurs implantations, rappelle le professeur. (apic/fs/om/mjp)




