La torture gangrène la société chinoise

Chine: Amnesty Internation dénonce le recours généralisé à la torture

Londres/Lausanne, le 12 février 2001 (APIC) La torture est généralisée et systématique dans toutes les structures étatiques de la chine. Ainsi, elle se partique chez les particuliers et en public, révèle Amnesty International (AI) dans un rapport publié aujourd’hui. L’organisation de défense des droits de l’homme appelle le gouvernement chinois à mettre fin à la détention au secret des accusés et à instaurer un mécanisme de plainte efficace pour les victimes de torture institutionnalisée.

Dans sa campagne mondiale contre la torture qu’elle mène jusqu’en décembre 2001, Amnesty International affirme que chaque année, de nombreuses personnes meurent après avoir été soumises à des actes de torture. Ce fléau n’épargne personne et est courant dans toutes les couches de la société.

Le gouvernement admet depuis de nombreuses années que la torture constitue un problème grave, mais il ne s’est guère employé à y remédier. Amnesty International déplore en effet qu’en dépit du fait que le gouvernement soit résolu à lutter contre la torture, il est rare que les investigations menées débouchent sur la comparution en justice des responsables présumés. Les enquêteurs se montrent en outre tout disposés à accorder crédit aux démentis officiels.

Le Tibet n’est pas épargné

Cette détermination affichée entre en contradiction avec les directives que donne le gouvernement lors des campagnes de lutte contre la criminalité, menées périodiquement sous le slogan «Frapper fort», et de répression politique dont sont victimes le mouvement Fa Lun Gong et les «séparatistes» de la région autonome ouïghoure du Xinjiang. Les représentants de l’Etat obtiennent alors carte blanche et sont autorisés à recourir à tous les moyens pour obtenir rapidement des résultats.

Les actes de torture infligés aux opposants politiques demeurent monnaie courante. Dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang et au Tibet, rares sont les prisonniers politiques qui échappent à la torture. En juillet 1999, Zulikar Memet, membre de l’ethnie ouïghoure, a démenti les accusations d’activités séparatistes portées contre lui, en affirmant que ses précédents «aveux» lui avaient été extorqués sous la torture. Il a montré au tribunal les marques des sévices qui lui avaient été infligés, notamment plusieurs doigts dont les ongles avaient été arrachés. Aucune enquête n’a été ouverte sur ces allégations. D’après les informations recueillies, Zulikar Memet a été exécuté le 14 juin 2000.

Rôle des médias et l’application des recommandations

Selon l’organisation, les médias chinois jouent un rôle croissant dans la lutte contre la torture, en révélant des cas de sévices et en alimentant le débat de plus en plus large sur les abus de pouvoir commis par la police, les failles des mécanismes de protection juridique et les atrocités qui caractérisent certains types de détention. Néanmoins, la presse chinoise ne se fait jamais l’écho des plaintes de torture dans les affaires ayant apparemment un caractère politique. Dans son rapport, Amnesty International adresse plusieurs recommandations au gouvernement.

Elle l’appelle notamment à veiller à ce que la torture ne soit tolérée en aucune circonstance; à faire en sorte que tout élément de preuve arraché sous la torture soit irrecevable devant les tribunaux; à mettre fin à la détention au secret et à la détention arbitraire; à garantir aux personnes privées de leur liberté le droit de consulter des avocats, d’entrer en contact avec leurs proches et de recevoir des soins médicaux et à mettre en place un mécanisme de plainte efficace. (apic/com/om)

12 février 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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