Rome: Présentation d’un nouveau livre «Les juifs sauvés par Pie XII»

Pie XII n’a pas soutenu Hitler

Rome, 16 février 2001 (APIC) «Les juifs sauvés par Pie XII», un nouvel ouvrage de l’historien et journaliste italien Antonio Gaspari, vient de sortir aux Editions Logos. Ce livre en italien a été présenté vendredi 16 février à Rome en présence du grand rabbin de Rome, Elio Toaff, et du Père Pierre Gumpel, «relateur» ­ c’est-à-dire juge d’instruction ­ au sein de la Congrégation pour les causes des saints. Antonio Gaspari condamne dans son livre la thèse selon laquelle Pie XII aurait soutenu Hitler.

Le P. Gumpel est chargé notamment de suivre la progression de la cause d’Eugène Pacelli, le pape Pie XII. Le Père Georges Cottier, «théologien de la maison pontificale» se trouvait dans l’assemblée. Le grand rabbin de Rome, Elio Toaff a tout d’abord rendu hommage à l’un de ses «frères», un curé de paroisse dont il était devenu ami au début des années quarante alors que lui même était rabbin à Ancône. Ce prêtre, avec lequel il est toujours resté en lien, lui a sauvé la vie ainsi que celle de sa femme, de son enfant et de ses parents, en les cachant dans son presbytère alors que les Allemands occupaient leur maison en 1943.

«L’amitié peut sauver des vies»

«L’amitié peut sauver des vies» a-t-il tenu à souligner. «Juifs ou chrétiens, nous sommes tous frères devant Dieu, cela donne confiance en l’avenir». «Les juifs sauvés par Pie XII» est un livre assez court, écrit en quatre chapitres et 142 pages. Il contient notamment un appendice détaillé avec la liste des 150 congrégations qui ont aidé les juifs à Rome durant la seconde guerre mondiale. Le premier chapitre, intitulé «Horreur au centre de Rome», raconte la journée de rafle du 16 octobre 1943 au cours de laquelle 1’259 juifs furent arrêtés. C’est pour l’auteur «l’un des jours les plus funestes et les plus dramatiques» de l’histoire des juifs romains.

Le quatrième chapitre est consacré au livre du journaliste anglais John Cornwell, «Le pape d’Hitler ­ l’histoire secrète de Pie XII», publié en septembre 1999. Antonio Gaspari condamne la thèse selon laquelle Pie XII aurait soutenu Hitler. Pour lui, ce livre n’est absolument pas fiable, rempli d’»ambiguïtés», d’erreurs «nombreuses et répétées».

L’intérêt inédit du livre d’Antonio Gaspari réside surtout dans l’analyse qu’il propose, au troisième chapitre, sur le rapport de la Commission d’historiens catholiques et juifs chargés d’étudier les «Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale», rendu public le 25 octobre 2000. Ces actes avaient été publié de 1965 à 1981 par quatre jésuites à la demande du pape Paul VI. La création de cette Commission, en octobre 1999, répondait à une demande des représentants juifs d’avoir accès aux archives du Vatican sur la période de la seconde guerre mondiale. Cette demande avait été exprimée spécialement après la publication du document du Saint-Siège sur la shoah, le 16 mars 1998, intitulé «Nous nous souvenons».

«Préjugés» et «idéologie anticatholique» chez les historiens

Cette idée des six historiens était, selon Antonio Gaspari, «une grande opportunité pour connaître la vérité» mais, poursuit-il, des «préjugés» et une certaine «idéologie anticatholique», ainsi que le désir de «mettre en difficulté le Saint-Siège» ont compromis de manière «embarrassante» la possibilité de continuer des recherches «sérieuses et communes entre les juifs et les chrétiens».

L’auteur souligne le caractère «polémique» du «rapport préliminaire» de cette Commission. «Au lieu de semer la paix, conclut Antonio Gaspari, le groupe des experts a rallumé le conflit sur la figure de Pie XII et sur le rôle de l’Eglise pendant la seconde guerre mondiale». Tout au long de son ouvrage, l’auteur s’appuie sur les commentaires du jésuite allemand Pierre Gumpel. Pour Pierre Gumpel, des livres comme celui d’Antonio Gaspari sont là pour «rétablir la vérité». «Au milieu de la terrible barbarie de la shoah, a-t-il commenté, il y a eu des rayons de lumière et le pape Pie XII en a été un». «La Seconde Guerre mondiale, affirme le Père Gumpel, a été l’occasion d’une collaboration sans précédent entre les juifs et le Saint-Siège.» «C’est un devoir de justice de le reconnaître, a-t-il conclu, ainsi qu’une nécessité de le dire précisément au moment ou beaucoup de juifs aspirent à la paix». (apic/imedia/be)

16 février 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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