Les Etats-Unis dénoncent l’excision en Afrique
Etats-Unis: Rapport annuel du gouvernement sur les droits de l’homme
Washington, 27 février 2001 (APIC) Les Etats-Unis ont dénoncé la pratique de l’excision dans de nombreux pays africains, ainsi que les conflits inter-ethniques et la politique de discrimination entre ethnies d’un même pays, dans un rapport annuel sur les droits de l’homme dans le monde. La situation des femmes reste un problème aigu dans plusieurs pays du continent noir et «les mutilations sexuelles continuent de faire atteinte à la santé physique et morale des femmes et des jeunes filles», souligne le document.
L’interdiction de la pratique de l’ablation du clitoris fait l’objet d’une rude bataille des organisations ou associations de défense des droits de la femme. Dans de nombreux pays d’Afrique, elles ont réussi à faire adopter des lois qui la répriment sévèrement. Mais dans d’autres pays, elles se heurtent à la résistance des traditions ancestrales, ainsi qu’à la réfraction de dignitaires religieux, notamment musulmans. Ils invoquent ce sujet une atteinte aux valeurs islamiques. Selon les mouvements de lutte contre l’excision, il y a 130 millions de femmes excisées dans le monde et chaque jour, 6’000 filles subissent l’infibulation.
Rappelant les affrontements entre chrétiens et musulmans qui ont fait plus de 1’500 morts l’année dernière au Nigeria à cause de l’introduction de la charia, le rapport américain ajoute que dans des pays tels qu’au Kenya, en Centrafrique, au Burundi, au Liberia, il y a eu des violences entre populations d’ethnies et de races différentes .
En 2000, les atteintes les plus graves aux droits de l’homme ont eu lieu dans les pays confrontés à une guerre civile ou qui ont connu des interventions d’armées étrangères, poursuit le rapport, citant en exemple, le Congo Démocratique, la Sierra-Leone, l’Ouganda.
En Angola, au Nigeria, en Erythrée, en Ethiopie, en Guinée, en Tanzanie, des arrestations, des détentions arbitraires, disparitions, lynchages, tortures ont été signalés. Des exécutions sommaires, viols et violences de populations civiles ont également eu lieu régulièrement dans les pays gouvernés par des pouvoirs militaires, souligne encore le rapport américain. Il dénonce enfin, l’absence de démocratie dans de nombreux autres pays, ainsi que l’organisation d’élections tronquées (Cameroun et Côte-d’Ivoire, Guinée, Centrafrique). (apic/ibc/bb)




