Congo démocratique: 300 Européens sont arrivé en mission de paix au Kivu

Pour dire non à la «recolonisation»

Kinshasa, 27 février 2001 (APIC) 300 membres de la «société civile» d’Italie, de Belgique, de France, d’Espagne et d’Allemagne sont arrivés lundi soir en mission de paix au Kivu, dans la partie orientale de la République démocratique du Congo. Ils prennent part à Butembo à un Symposium international sur la paix en Afrique centrale. Cette rencontre, prévue initialement à Bukavu, est organisée conjointement par une ONG dénommée «Action Internationale non-violente de paix pour l’Afrique» et l’archidiocèse de Bukavu. Le groupe rentrera en Italie le 4 mars.

Le groupe a quitté Milan samedi pour Butembo, dans le Kivu (République Démocratique du Congo), via Entebbe (Ouganda). «Après l’accord de Lusaka, cette action de paix est la plus importante initiative politique, car elle lance de fait le dialogue intercongolais, unique moyen d’aboutir à la paix», a commenté le sous-secrétaire italien aux Affaires Etrangères.

Cette action internationale non violente de paix pour l’Afrique est organisée par les groupes «Bienheureux les bâtisseurs de paix», «Association Pape Jean XXIII» et «Appelle l’Afrique». Parmi ses 300 participants, de tous âges et de tous horizons, le plus âgé est Mgr Luigi Bettazzi, 78 ans, ancien évêque d’Ivrea (Piémont) et ancien président de Pax Christi International.

Les rebelles du RCD pro-rwandais font obstacle à Bukavu

L’opération, justifie le P. Albino Bizzotto, leader du mouvement «Bienheureux les bâtisseurs de paix», était expressément réclamée par la société civile et par les Eglises de Bukavu. L’initiative a été déplacée à Butembo, à 300 km plus au nord de la ville du Sud-Kivu, les autorités locales faisant obstruction. A Bukavu, en effet, les rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), un mouvement à la solde du Rwanda, font obstacle à la tenue de ce Symposium dans la ville qu’ils contrôlent. Cette initiative est appuyée par les entités locales, par de nombreuses personnalités politiques et institutionnelles, du monde du spectacle, de l’Eglise et du monde associatif.

Le P. Bizzotto regrette seulement que certaines figures institutionnelles aient toujours quelque chose de plus important à faire. «Comme Mary Robinson, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a-t-il précisé. Elle s’est excusée: elle était trop occupée par la préparation de la Conférence des Nations Unies contre le racisme. Mais nous, nous voulons une ONU des peuples, pas des conférences. Et nous continuerons à appeler l’ONU pour qu’elle vienne auprès des gens.»

Pour un moratoire sur le commerce des armes légères vers l’Afrique

Pour Eugenio Melandri, dirigeant de «Appelle l’Afrique», le Symposium de Butembo est un grand événement: «Autant de Blancs qui arrivent en Afrique en contredisant l’histoire: pour dire non à la recolonisation voulue par certains et oui à une véritable coopération. Au moment où nous partions, à la Chambre et au Sénat, 200 parlementaires ont présenté deux résolutions demandant un moratoire sur le commerce des armes légères vers l’Afrique. Nous avons un message politique et humain à faire passer : le seul moyen d’arrêter les guerres est de cesser d’envoyer les armes et de faire des affaires sur le dos des pauvres !»

Pour l’évêque de Butembo-Beni, Mgr Melchisedec Sikuli Paluku, cette action de solidarité avec les Africains est très importante pour ces derniers, qui se sentent souvent seuls dans leur quête de la paix. «Votre présence ici est, pour nous, de loin plus importante qu’un discours prononcé aux Nations Unies», a lancé le prélat devant les représentants de la «Société civile de l’Europe». (apic/cip/dia/misna/be)

27 février 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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