Le Forum Economique Mondial de Davos, du 25 au 28 janvier, se déroulera comme à l’accoutumée dans un grand déploiement médiatique et sécuritaire. Au même moment, à 10’000 km de la station huppée des Grisons, 2’500 délégués venus du monde entier lui donner

Pacifiquement. Pas avec des cocktails molotov, mais avec des propositions constructives, avec des exemples d’organisation sociale alternative qui battent en brèche les «Tables de la Loi» du capitalisme néolibéral triomphant, insistent les organisateurs du Forum Social Mondial (FSM). Le Centre de conférences de l’Université catholique de Porto Alegre (PUC) accueillera 2’500 représentants d’ONG, syndicats, mouvements sociaux, groupes de citoyens, conférenciers et élus de divers continents.

Parmi eux, six parlementaires fédéraux romands, une dizaines d’élus de la Ville de Genève(*), et des représentants de plusieurs ONG suisses. Le contingent des délégués latino-américains, brésiliens en particulier, sera le plus étoffé. Il donnera certainement le ton: Porto Alegre, dans l’Etat de Rio Grande do Sul, le plus méridional du Brésil, est en effet depuis quelques années un véritable «laboratoire social». Il attire désormais l’attention au niveau international par son expérience de «budget participatif»: depuis douze ans, en effet, la Municipalité de gauche dirigée par le Parti des Travailleurs (PT) mène une expérience sociale originale qui devrait faire florès dans la région.

Création d’un réseau de villes pour l’intégration sociale et le développement

La Municipalité de Porto Alegre proposera à l’occasion du FSM une discussion de fond sur le rôle du pouvoir local dans l’intégration sociale et le développement économique. On y débattra de la création d’un réseau de villes. Il s’agit de promouvoir une «action internationale commune qui questionne la vision macro-sociale des pays hégémoniques.»

Les organisateurs veulent faire du Forum une grande manifestation politico-culturelle, en y associant artistes, paysans sans terre, squatters des villes, travailleurs du secteur informel, mouvement ecclésiaux de base, communautés indiennes. Le FSM sera certes sérieux et studieux – plus de 400 groupes de travail plancheront sur des thèmes comme l’accès aux richesses pour tous, le développement durable, l’affirmation de la société civile, l’éthique et le pouvoir politique – mais aussi ludique. Il ne se restreindra pas aux conférences à la PUC mais comprendra aussi l’ensemble des activités du «Circuit Porto Alegre».

Grande fête «latino»

La ville entière de Porto Alegre a l’intention de se transformer en un centre de pensée alternative et de convivialité solidaire. Des dizaines de milliers de personnes sont attendues à la grande manifestation d’ouverture du FSM dans l’imposant amphithéâtre «Por do Sol» (Porte du Soleil) qui peut accueillir 50’000 personnes. Une grande fête «latino» en perspective, avec des artistes comme le musicien français Manu Chao, chanteur de l’ex-groupe Mano Negra, nouvelle idole de la jeunesse brésilienne avec son disque «Clandestino». Des Cercles de culture sur l’éducation et la société sont prévus avec pour objectif l’élaboration d’un Manifeste de l’éducation prônant «l’école citoyenne face à la pensée unique néolibérale». (apic/be)

11 janvier 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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