Plus de 120 personnes enlevées
Soudan: 50 bombardements en deux mois dans le sud
Khartoum, 12 janvier 2001 (APIC) L’aviation de Khartoum a procédé au cours de ces deux derniers mois à plus de 50 bombardements de la population civile, ainsi que de centres de secours et d’écoles chrétiennes dans le sud du Soudan. Ces bombardements ont tué 47 personnes, majoritairement des civils et laissé de nombreux blessés. Ce tragique bilan a été divulgué jeudi par l’association > basée à Nairobi (Kenya).
La région la plus ciblée par les avions gouvernementaux a été celle de l’équateur, avec plus de 20 bombardements. Lors de l’un des derniers raids, lancé sur la ville de Lui, deux personnes ont été tuées et la cathédrale de l’Eglise épiscopale locale a été détruite. On a en revanche enregistré 7 à 8 incursions aussi bien dans le Bahr el Ghazal que dans le Blue Nile du Sud. Des attaques sporadiques ont en revanche été menées dans le Haut Nil et dans le Kordofan méridional.
Mercredi, dernier un raid lancé par des pro-gouvernementaux à Mariel Bai (Behr el Ghazal), a fait 11 morts. Les auteurs ont en outre kidnappé 120 femmes et enfants pour la plupart. La responsabilité des faits a été attribuée aux Forces populaires de défense, créées par le régime intégriste islamique de Khartoum pour seconder l’armée dans sa lutte contre la guérilla du Sud, où la population chrétienne est victime de persécutions et soumise à des discriminations et à l’esclavage depuis des décennies, mais la dynamique fait plutôt penser à une incursion typique des Baqqara, éleveurs semi-nomades de souche arabe, selon l’agence missionnaire Misna (Italie).
Le gouvernement de Khartoum fournit à ces tribus islamiques des véhicules et des armes automatiques, leur concédant une sorte de >, leur permettant de piller les villages des groupes ethniques subsahariens, tels que les Dinka. Dans le passé cependant, observe Misna, les Baqqara pillaient et enlevaient des femmes et des enfants en évitant les effusions de sang.
Selon la presse de la capitale, contrôlée par le régime du président Omar el-Bashir, récemment réélu, les forces rebelles ont souffert de pertes importantes à la suite d’une offensive des troupes gouvernementales qui a fait 60 morts dans la région de Ayod, dans l’Etat du Haut Nil. (apic/cip/mna/zn/pr)




