Malgré les tensions et les pressions du patriarcat de Moscou

Le pape confirme sa visite en Ukraine du 23 au 27 juin

Le voyage du pape en Ukraine continue à se préparer pour le mois de juin prochain, et Jean-Paul II espère qu’il contribuera à un dialogue oecuménique pacifique dans ce pays, a déclaré le porte-parole du Saint-Siège. Des informations laissent cependant entendre que l’Eglise orthodoxe ukrainienne dépendant de Moscou ­ la plus importante en Ukraine, avec environ 7’500 paroisses ­ demanderait officiellement à Jean Paul II de «reporter» sa visite jusqu’à un moment «plus propice» aux bons développements des relations entre les Eglises orthodoxes et catholique.

« Nous n’avons encore reçu aucun message dans ce sens », a toutefois affirmé Joaquin Navarro-Valls. « Pendant sa visite pastorale, le pape rencontrera les Ukrainiens catholiques et il espère pouvoir contribuer à un dialogue oecuménique serein dans ce pays. Le voyage se fera comme prévu >>.

L’obstacle majeur du patriarcat de Moscou au voyage du pape est aujourd’hui la tension entre l’Eglise orthodoxe ukrainienne qui dépend de sa juridiction et les deux autres Eglises orthodoxes présentes dans le pays, qui ne sont pas reconnues par la communauté orthodoxe internationale. Il s’agit de l’Eglise orthodoxe «du patriarcat de Kiev», dirigée par le métropolite Philarète, qui se trouve à la tête d’environ 2000 paroisses, et de «l’Eglise autocéphale d’Ukraine», qui compte un peu plus de 1000 paroisses, surtout dans l’ouest de l’Ukraine.

Le patriarcat de Moscou craint que le pape ne légitime ces deux Eglises en rencontrant leurs représentants à Kiev lors de sa visite en Ukraine, alors qu’il les considère comme schismatiques.

Au Vatican, on affirme à ce sujet que «le pape connaît les sensibilités des orthodoxes sur ce point et fera en sorte de n’offenser aucun groupe religieux en Ukraine». Ce qui n’empêche nullement certains milieux orthodoxes de Russie de craindre que cette visite ne serve de détonateur à une série de tensions inter-confessionnelles latentes qui divisent l’Ukraine depuis la chute du communisme. (apic/imed/fides/pr)

23 janvier 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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