Discriminations: les femmes noires particulièrement visées

Brésil: Plus de 500 adolescents pauvres tués par balles à Rio tous les ans

Rio de Janeiro, 3 juillet 2001 (APIC) Plus de 500 adolescents pauvres, dans leur majorité noirs et à 93% âgés de 15 à 19 ans, sont tués par balles tous les ans dans la ville de Rio de Janeiro. Une autre étude révèle que les femmes noires sont particulièrement visées par la discrimination.

Une étude, réalisée conjointement par l’Institut d’Etudes de Religions (Iser) et le secrétariat municipal à la Santé, montre que de 1990 à 2000, 5’153 adolescents de 10 à 19 ans ont été tués par balles dont 93%, âgés 15 à 19 ans. Ce chiffre représente 12% du total annuel d’homicides dans la ville qui compte 5,5 millions d’habitants intra-muros.

«Le chômage des parents, l’abandon scolaire, le manque de perspectives d’insertion sociale, et l’avance du trafic de drogue dans la ville, sont les causes principales de ces décès», a indiqué au quotidien «O GLOBO» la pédiatre Viviane Castelo Branco, du secrétariat à la Santé de Rio.

L’enfant noir, pauvre – qui abandonne l’école à 9 ans et a 13 ans est déjà drogué alors qu’il rêvait d’être joueur de football – est le profil de la plupart des victimes, selon l’étude. Certains quartiers sont beaucoup plus violents que d’autres. Alors que la moyenne générale des dix dernières années est de 113,1 morts pour chaque groupe de 100’000 habitants dans la tranche d’âge 15 -19 ans, dans le quartier d’Anchieta (zone nord, quartier limite avec la banlieue très pauvre), cette moyenne est de 294,8.

Le quartier de Santa Tereza, près du centre-ville, qui jusque dans les années 80 était un îlot de tranquillité et de paix a dû cohabiter dans les années 1990 avec la guerre des trafiquants dans les favelas qui l’entourent. Santa Tereza arrive derrière Anchieta dans les tristes statistiques avec un taux de 257,3 morts pour 100’000 habitants. En revanche, dans le quartier très aisé de Lagoa (zone sud, près de la lagune) le taux tombe à 8,6 morts (pour 100’000 habitants).

Une autre étude rendue publique lundi a montré que les femmes noires qui représentent 23% de la population brésilienne sont les plus discriminées dans la société. «Au milieu de l’immense pauvreté brésilienne, les familles dont le chef est une femme noire sont les plus pauvres», selon l’étude du Centre féministe d’études (CFEMEA). Ces femmes peuvent percevoir des salaires jusqu’à 55% inférieurs à ceux des blanches pour le même travail et leur espérance de vie est moindre, souligne le rapport. (apic/af/pr)

3 juillet 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!