Les sans papiers se donnent un visage: liste nominative publiée
Fribourg: Les occupants de l’église Saint-Paul poursuivent leur action
Fribourg, 9 juillet 2001 (APIC) Les sans papiers qui occupent depuis 35 jours l’église Saint-Paul à Fribourg ne quitteront pas les locaux, malgré la mise en demeure du Conseil de paroisse. L’occupation se poursuivra jusqu’à la régularisation de la situation des occupants. Surtout, le collectif des sans papiers publie pour la première fois une liste nominative des sans papiers. 68 noms – sur 98 qui forment à ce jour le collectif – ont été rendus publics lundi, au cours d’une conférence de presse à Fribourg. Mgr Gaillot, l’ex-évêque d’Evreux, se rendra sur place les 20 et 21 juillet.
La liste comprenant les noms, les nationalités, les cantons de résidence des sans papiers et les (ex) employeurs restera ouverte jusqu’au 15 juillet. Elle sera ensuite envoyée aux autorités cantonales de résidence des sans papiers: Fribourg, Vaud, Neuchâtel, Berne et Soleure, afin de tenter de régulariser la situation de ces personnes.
Par ce geste, les sans papiers entendent agir au grand jour, se donner un visage. Le collectif des sans papiers de Fribourg compte à ce jour 98 personnes actives, parmi lesquelles 11 familles (24 enfants de une semaine à 19 ans). Le plus jeune occupant est âgé de deux mois. Seuls une trentaine de sans papiers ont pour l’heure refusé de donner leur identité à la presse.
13 nationalité – en grande majorité de Serbie, de Macédoine mais surtout du Kosovo – composent ce collectif. On y trouve encore des personnes du Liban, de l’Equateur, du Portugal, de l’Angola et du Kurdistan turc. Les membres du collectif sont en Suisse depuis une période qui va de 3 mois jusqu’à 13 ans. Les membres travaillent – ou ont travaillé – dans toutes les branches (en cumulant parfois jusqu’à une dizaine d’employeurs à la fois), de l’agriculture en passant l’hôtellerie ou le bâtiment. Détail piquant: certains sans papiers, via des entreprises de construction, par exemple, ont travaillé pour l’Etat.
Conseil de paroisse désavoué
S’exprimant au nom des occupants, un représentant des sans papiers à clairement fait savoir qu’il n’était pas question de quitter les locaux. «Nous partirons d’ici avec des papiers régularisés ou nous resterons ici». Une lettre dans ce sens sera transmise au Conseil de paroisse. Un Conseil de paroisse qui avait demandé la semaine dernière aux occupants de quitter les locaux d’ici fin juillet. L’attitude a du reste été publiquement désapprouvée par les deux curés – alémaniques et francophones – de la paroisse. Une paroisse qui semble aujourd’hui passablement divisée sur la question.
L’occupation risque fort de s’éterniser devant l’intransigeance des autorités affichées pour l’heure. Samedi 7 juillet, le Parti libéral radical fribourgeois demandait d’ailleurs aux autorités d’assumer leurs responsabilités. En d’autres termes, de mettre fin à cette occupation. La préfecture de la Sarine a pour sa part immédiatement réagi en argumentant qu’aucune demande d’évacuation n’a été formulée. «Les autorités n’ont dès lors pas à intervenir», a en effet fait savoir la préfecture.
La fête avec Mgr Gaillot
Pour l’instant, les occupants, entre 20 et 25 en permanence, sur la centaine de personnes qui assurent un tournus, préparent les jours à venir. Et pensent déjà à donner une allure festive au 50e jour de l’occupation. Une fête s’organise. Le collectif annonce la présence de Mgr Jacques Gaillot, ancien évêque d’Evreux, les 20 et 21 juillet. Mgr Gaillot rendra visite aux sans papiers en compagnie de Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a indiqué Jean Kunz le secrétaire romand du syndicat Comedia. (apic/pr)




