Tournai: La «Grande Procession» sortira le 9 septembre

La plus ancienne manifestation religieuse de Belgique

Tournai, 15 juillet 2001 (APIC) Le dimanche 9 septembre prochain se déroulera La manifestation religieuse sans doute la plus ancienne de Belgique, se déroulera le 9 septembre à Tournai. La «Grande procession de Tournai est un triple événement, religieux, historique et artistique.

Aujourd’hui, à l’aube d’un millénaire qui se voudrait aussi empreint de spiritualité, comme depuis plus de neuf cents ans, la «Grande procession» témoigne de la fidélité des Tournaisiens à cette manifestation religieuse. Au-delà des frontières linguistiques et politiques, celle-ci rappelle les liens étroits avec la Flandre et la France. En effet, Tournai fut en son temps la métropole religieuse du Comté de Flandre, et la Cité des Cinq Clochers est aussi le berceau des Rois Francs. Mais, que l’on partage ou non la foi chrétienne, toute personne sensible à la beauté ne demeurera indifférente devant les châsses, les statues, les têtes et bras reliquaires qui constituent le Trésor exceptionnel de la Cathédrale et des paroisses environnantes.

Par ses musiques, par la richesse des décorations florales, par ses rues pavoisées, par ses costumes colorés, la «Grande procession» est donc aussi une fête de l’harmonie et de la grâce. Une fête de la Réconciliation, aussi, où il est permis à tous, de quelque manière qu’on l’appréhende, d’y trouver prétexte et motif de communion.

Les origines

A la fin du XIe siècle, le comté de Flandre et Tournai, sa métropole religieuse, sont désolés par des épidémies qui déciment la population. Les fidèles se pressent dans l’église-mère du diocèse pour invoquer la protection de la Vierge Marie qu’ils vénèrent sous le vocable de Notre-Dame des Malades. L’évêque Radbod Ier ordonne une procession de pénitence: les fléaux disparaissent. Aussi décide-t-il de poursuivre cette marche annuelle. Les dons abondants permettent de renverser la vieille église carolingienne pour la remplacer par une basilique romane.

Au XIIIe siècle, cette même générosité sera à l’origine du choeur gothique. Aux XIIIe et XIVe siècles, plus de 32 villes envoient des délégations, mais la plus brillante ambassade vient, sans aucun doute, de Gand, capitale du Comté.

Trois processions parcourent la ville et les environs la nuit et le matin du 14 septembre (Jour de l’Exaltation de la Croix). A minuit, un premier cortège conduit un membre du clergé de la cathédrale portant la relique de la Croix. A l’aube, un second cortège groupe les fidèles gantois autour de la châsse de Notre-Dame, qui renferme les principales reliques de la cathédrale et dont les panneaux retracent des scènes de la vie de la Vierge. Dans la matinée, enfin, l’hommage solennel de la Ville et du diocèse déroule ses fastes.

Epargnée

Au XVIIe siècle, la Contre-Réforme permet au culte à la Vierge de retrouver toute sa vigueur. Désormais, le pèlerinage se situe aussi uniquement dans l’intra-muros.

Chose curieuse: la Révolution Française épargne l’ancienne procession. En 1892, de grandioses cérémonies commémorent le huitième centenaire de l’institution. Bruges, Gand, Lille, Mons et Soignies envoient d’importantes délégations.

En 1992, l’éclat est tout aussi brillant. Aujourd’hui, les pèlerins se pressent comme jadis à l’ombre de la cathédrale aux Cinq Clochers. Ils témoignent ainsi de la fidélité séculaire à la manifestation religieuse sans doute la plus ancienne de notre pays. (apic/cip/pr)

15 juillet 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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