Les cloches marquent le début du jeûne des religieux anti-G8
Gênes: G8. Les journées de prière et de jeûne ouvertes par l’accueil du Christ paysan
Gênes, 20 juillet 2001 (APIC) La sonnerie des cloches de toutes les églises de Gênes, accompagnées des instruments ethniques des cinq continents, a marqué vendredi 20 juillet le début des deux journées de jeûne et de prière que missionnaires et religieux d’Océanie, d’Asie, d’Afrique, d’Amérique et d’Europe ont convoquées à Gênes. Ces derniers sont très présents dans les manifestations pacifiques contre le sommet du G8 qui s’est ouvert vendredi dans la capitale ligure.
Mardi soir dernier, militants chrétiens, missionnaires, religieuses et religieux ont accueilli près de l’église des Frères mineurs de Saint-Antoine de Boccadasse, l’image du Christ paysan, provenant du Chili. Cet acte a inauguré les journées des 20 et 21 juillet, où se rassemblent des hommes et des femmes de diverses religions «unis par la volonté de faire entendre le cri de l’opprimé qui demande conversion et justice», précisent les organisateurs.
Jeûne, prière et «Célébration Eucharistique Internationale»
Vendredi matin ont commencé les réflexions, les témoignages, les lectures, le silence et les chants. Samedi soir, les religieux partiront de Boccadasse vers le cœur de Gênes, pour s’unir au «Genoa Social Forum», qui défilera pacifiquement dans les rues de la ville. Le dimanche 22, dans l’église de Saint-Antoine, les organisateurs ont prévu à midi une «Célébration eucharistique internationale» en lange anglaise. A 18 h, dans l’église de la «Nunziata», sera célébrée en italien une messe organisée par les Frères mineurs et la Communauté de Sant’Egidio.
Interpeller les congrégations religieuses
Les participants au jeûne ont été convoqués par le son des cloches de la ville de Gênes et par les cloches d’autres ville du monde, en tenant compte de la diversité des fuseaux horaires. Aux cloches ont fait suite des sons et des instruments appartenant à différentes traditions. Les tambours des Sœurs franciscaines du Burundi ont introduit et accompagné la réflexion du Père Alex Zanotelli, missionnaire combonien, considéré par beaucoup comme une voix prophétique défendant les pauvres.
Une des promotrices des manifestations missionnaires à Gênes, Sœur Patrizia Pasini, de la Commission «Justice et Paix» des Missionnaires de la Consolata, a déclaré que l’intention de la campagne de jeûne et de prière est de «d’adresser un signe prophétique surtout à nos Congrégations». «Nous, les missionnaires, témoins de l’exploitation subie par les pays du Sud, nous élevons pendant deux jours la voix de la protestation conte ce type de globalisation.»
Un système économique qui avilit et appauvrit les pays du Sud
La proposition de deux journées continues de prière et de jeûne, faite dans un sanctuaire franciscain, organisée par les missionnaires a eu «une résonance extraordinaire» dans le monde ecclésial, dans le monde laïc et dans les médias, aussi bien en Italie qu’à l’étranger. «Tout cela nous fait réfléchir sur le fait que les gens désirent des propositions fortes et profondément religieuses. Et il y a peut-être de la fatigue et de la perplexité devant des célébrations et des liturgies-spectacles coûteuses», écrit-elle dans l’hebdomadaire catholique italien à grand tirage «Famiglia Cristiana». La religieuse rappelle que depuis de longues années, les missionnaires, hommes et femmes, élèvent nées la voix de la protestation «contre ce système économique et ce type de globalisation, qui avilit et appauvrit des pays riches en ressources, en culture, en peuples et en traditions». (apic/vid/be)




