Zimbabwe: Mugabe demande à l’Eglise catholique de soutenir la réforme agraire

Harare, 3 août 2001 (APIC) Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a demandé à l’Eglise catholique de soutenir son programme de réforme agraire et d’aider les pauvres comme elle l’avait fait durant la lutte de libération des années 70.

Lors de l’allocution prononcée en milieu de semaine devant les évêques d’Afrique australe, réunis en session prés de Harare, le président a reproché à certains responsables d’Eglise de ne pas appuyer sa politique de redistribution des terres.

Selon ce programme controversé, le gouvernement a décidé la confiscation d’environ 5’000 fermes, pour la plupart possédées par des blancs, afin d’y installer des noirs sans terre. Le président Mugabe a justifié ce programme sous prétexte qu’il est destiné à réparer les injustices du régime colonial. «C’est pourquoi cette question est au coeur des luttes actuelles. Nous ne pouvons revenir sur cette décision et nous espérons que vous nous soutiendrez et nous aiderez a` la régler», a dit le président lors de son allocution du 30 juillet, selon le journal «The Herald».

S’en prenant aux prêtres blancs qui ont critiqué son gouvernement, le président Mugabe a déclaré: «Je refuse de me laisser provoquer par ces voix isolées qui voudraient voir l’Eglise accorder du crédit à des lois et des pratiques injustes qui écrasent les pauvres et les défavorisés. De telles personnes n’ont aucun avenir dans l’Eglise», a-t-il continué. «Il s’agit pour l’Eglise de rester aux cotés des pauvres, car c’est là que se trouve sa justification».

Aux côtés des pauvres

Aux yeux de Mugabe, la place de l’Eglise n’était pas d’être aux cotés des riches mais des pauvres, des déshérités et des opprimés. «La lutte pour l’autodétermination, que l’Eglise a soutenue, se fondait sur notre droit souverain à posséder, contrôler et exploiter nos ressources naturelles, que Dieu nous a données dans son infinie sagesse».

L’an dernier, le gouvernement du président Mugabe a rédigé un projet de constitution contenant une clause permettant à l’Etat de saisir des terres appartenant à des blancs sans compensation. Mais ce projet a été rejeté lors d’un référendum tenu en février de l’an dernier. A ce sujet, le président a déclaré aux responsables d’Eglise que «les blancs ont obtenu le soutien local et international contre cette clause. Les fonds donnés au mouvement d’opposition avaient comme but de renverser cette démarche qui visait à réparer une longue injustice», a précisé Mugabe, en se référant au Mouvement pour le changement démocratique, qui est probablement la principale menace au gouvernement du président Mugabe, en place depuis 21 ans. (apic/eni/pr)

3 août 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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