Les sans-papiers perdent un soutien inconditionnel
Suisse: Cornelius Koch, aumônier des sans-papiers et des réfugiés, est décédé
Bâle, 23 août 2001 (APIC) L’abbé Cornelius Koch est décédé jeudi 22 août à l’âge de 61 ans. Il s’est éteint à Bâle après une brève maladie. L’abbé Koch était connu dans son pays pour son soutien à la cause des réfugiés et sa lutte infatigable pour la régularisation collective des quelque 300’000 sans-papiers de Suisse.
Cornélius Koch est né en 1940 en Roumanie, de père suisse et de mère roumaine. Il est arrivé en Suisse à l’âge de huit ans, faisant ainsi l’expérience du déracinement. Au terme de ses études de théologie, il est ordonné prêtre en 1968 à Soleure dans le diocèse de Bâle. Entre 1973 et 1986, il œuvre à l’accueil des Chiliens qui ont fui le régime de Pinochet. Puis son action se centrera sur les autres réfugiés, notamment les Tamouls et les Kurdes.
Durant cette période d’engagement auprès des candidats à l’asile, il fonde avec le soutien du Centre européen pour la défense des réfugiée et immigrés (CEDRI) le bureau d’accueil de «Como-Ponte Chiasso» dans l’église du pasteur Don Renzo Beretta en Italie près de la frontière tessinoise.
De nombreuses réactions d’indignation
L’abbé Koch était très connu dans les milieux ecclésiaux pour ses nombreuses réactions d’indignation lorsque les plus vulnérables en Suisse étaient l’objet de mesures qu’ils jugeaient discriminatoires ou injustes. Ainsi, son action s’est centrée, ces derniers mois, sur le sort des sans-papiers. Il a notamment soutenu les actions menées à Lausanne et à Fribourg.
Lors d’un débat interreligieux organisé à la paroisse St-Paul le 27 juin dernier, l’abbé Koch avait encouragé les occupants du lieu en leur affirmant qu’ils étaient devenus un symbole d’espoir pour les quelque 300’000 sans papiers qui se trouvent en Suisse. Il avait attesté devant l’assemblée de 120 personnes que de nombreuses paroisses et communautés religieuses se sont mobilisées depuis l’occupation des églises à Lausanne et à Fribourg.
En janvier dernier, Cornélius Koch avait vivement condamné, dans une lettre adressée au Président du conseil de l’Europe, le comportement des autorités suisses durant le Forum de Davos. Le prêtre avait notamment fustigé les mesures d’arrêt de la circulation du train vers Davos et le refoulement aux frontières de jeunes européens. (apic/ag/bb)




