Percevoir l’autre comme une chance, et non comme une menace

Bosnie: Message du cardinal Arinze à la rencontre interreligieuse à Sarajevo

Sarajevo, 14 septembre 2001 (APIC) Quelque 80 chrétiens et musulmans sont réunis du 13 au 16 septembre à Sarajevo, en Bosnie, sous l’égide du Conseil des Conférences épiscopales des Eglises d’Europe ­ CCEE ­ et de la Conférence des Eglises européennes ­ KEK. Le Vatican, représenté par le cardinal nigérian Francis Arinze, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a souligné que «l’autre ne devrait pas être perçu comme une menace, mais comme une chance».

Réunis jusqu’au 16 septembre, les représentants des différentes religions abordent le thème : «Chrétiens et musulmans en Europe : responsabilité et engagement religieux dans une société pluraliste». Publié deux jours après les attentats présumés d’islamistes aux Etats-Unis, le cardinal Arinze «n’a toutefois pas voulu rajouter de déclaration à ce message», souligne-t-on au Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Insistant sur la signification symbolique du lieu de rencontre, «au coeur des Balkans», le cardinal Arinze lance, dans son message diffusé le 13 septembre, un appel «à ne jamais s’exclure, se haïr, se combattre au nom de l’appartenance ethnique, nationale, culturelle ou religieuse». «L’autre ne devrait pas être perçu comme une menace, mais comme un chance», écrit-il.

«On attend beaucoup de l’Europe»

Le cardinal Francis Arinze rappelle ensuite «l’exemple d’une Europe plurielle, accueillante et respectueuse de la dignité de l’homme», pour souligner l’enjeu actuel de «cette vieille tradition chrétienne». «Quels rapports mutuels chrétiens et musulmans en Europe vont-ils développer ? Quelle sera la contribution des trois religions d’Abraham au développement de valeurs communes et d’une citoyenneté commune ?». Autant de questions qui restent à étudier, répond le prélat, affirmant que «l’Europe a beaucoup à donner : on attend beaucoup d’elle».

«Ouvrons nos coeurs au pardon, ouvrons nos mémoires à la purification», conclut le cardinal Arinze invitant les participants à la rencontre «à ne pas rester prisonnier d’un passé dont nous ne sommes pas responsables et qui ne nous appartient pas».

Le Saint-Siège est représenté à Sarajevo par une délégation du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, guidé par Mgr Khaled Akasheh, chargé des relations avec l’Islam.

Condamnation des actes de violence

Une minute de silence en prière a été observée au début de la conférence pour les victimes des horribles attaques terroristes qui ont frappé les Etats-Unis d’Amérique. Les différentes allocutions de bienvenue prononcées exprimaient une grande tristesse pour les morts et les blessés ainsi qu’une profonde sympathie pour les familles des victimes. Les intervenants ont tous condamné, de façon inconditionnelle, ces actes de violence et déclaré que face à ces terribles événements survenus aux USA, les efforts conjugués de tous les groupes religieux en faveur de la paix et de la compréhension devaient s’intensifier.

Ce congrès voit notamment la participation du Reis-Ul-Ulema Mustafa Ceric de Sarajevo, de l’archevêque orthodoxe Anastasios d’Albanie et de Mgr. Jean-Luc Brunin, évêque auxiliaire catholique de Lille, France. A la fin de la rencontre un message devrait être adressé à l’ensemble des croyants des deux confessions en Europe. La conférence s’achèvera par des prières communes samedi 15 septembre, en présence de représentants de communautés religieuses non chrétiennes. (apic/imed/com/bb)

14 septembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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