L’UCIP approuve l’accueil des non catholiques dans ses statuts
Fribourg: Un Brésilien élu à la tête de l’Union catholique internationale de la presse
Fribourg, 23 septembre 2001 (APIC) Le professeur brésilien Ismar de Oliveira Soares, 57 ans, a été élu samedi à la tête de l’Union catholique internationale de la presse (UCIP), qui a clôturé dimanche 23 septembre son 19ème Congrès mondial à l’Université de Fribourg, en Suisse. Malgré des réticences vaticanes, l’UCIP a adopté de nouveaux statuts permettant l’accueil de non catholiques en son sein. Le Saint-Siège devra encore approuver cette innovation, car l’UCIP est une organisation internationale catholique (OIC) reconnue par le Vatican.
Pour remplacer la présidente sortante, la journaliste malaysienne d’origine chinoise Theresa Ee-Chooi, qui ne se représentait pas, plusieurs responsables de l’UCIP avaient été sollicités ou avaient fait acte de candidature. Sur la liste des candidats présentés à la Secrétairerie d’Etat du Vatican, tous avaient obtenu le feu vert romain.
Dès avant le Congrès mondial de Fribourg, la candidature présentée par le Moyen-Orient – celle du Suisse Jacques Berset, rédacteur en chef de l’APIC et vice-président de l’UCIP – avait été retirée pour des motifs professionnels. Samedi, lors de la présentation des quatre candidats encore en lice, l’Américaine Barbara Beckwith, «managing editor» du Messager de Saint-Antoine, à Cincinnati, dans l’Ohio, s’est désistée à la surprise générale. Le Brésilien Ismar de Oliveira Soares, professeur de psychologie de la communication à l’Université de Sao Paulo, l’a emporté au premier tour par 82 voix contre 38 à l’Américain Joseph Kirk Ryan, «managing editor» du journal de l’archidiocèse de Philadelphie, «The Catholic Standard and Times», et 24 à l’Argentin José Ignacio Lopez, journaliste au quotidien «La Nacion», de Buenos Aires.
Des statuts innovateurs adoptés par une large majorité de l’assemblée générale
Les associations catholiques d’éditeurs et de journalistes, piliers traditionnels de l’UCIP, tendant à disparaître dans les pays sécularisés d’Europe occidentale, la survie financière de l’association basée à Genève va dépendre de plus en plus à l’avenir des cotisations payées par les membres individuels. Jusqu’à aujourd’hui, le système compliqué de désignation des membres votants de l’assemblée générale de l’UCIP, délégués par les régions et les fédérations de l’UCIP, ne faisait aucune place aux membres cotisants. Les nouveaux statuts ont corrigé cette lacune.
Mais l’innovation qui a rencontré le plus d’opposition a été la proposition d’ouvrir l’Union catholique internationale de la presse – une association internationale, professionnelle et autonome de droit suisse – à des non catholiques. Son nouvel article 1er dispose que l’UCIP «est une organisation catholique ouverte à toute personne catholique et à celles et ceux engagés dans le monde de l’information et de la communication, qui déclarent adhérer aux finalités de l’organisation, fondées sur les valeurs évangéliques et vécues en fidélité avec l’enseignement de l’Eglise catholique».
Ces précautions devraient permettre à l’UCIP, une association démocratique où les dirigeants sont élus par la base, de ne courir aucun risque face au danger d’»entrisme» de groupes religieux hostiles à la liberté de la presse et aux valeurs professionnelles et chrétiennes défendues par l’organisation.
Les réserves de Mgr Foley
Intervenant en préliminaire aux débats de l’assemblée, l’archevêque John P. Foley, président du Conseil pontifical pour les Communications sociales du Vatican, a émis des réserves quant à l’accueil de non catholiques au sein de l’UCIP, craignant pour l’identité catholique de cette organisation catholique internationale reconnue par le Saint-Siège.
Jacques Berset, qui défendait cette ouverture oecuménique et interreligieuse – soutenue par plusieurs collègues journalistes vivant au sein de minorités chrétiennes au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique, mais aussi par les journalistes d’Europe occidentale et d’Amérique latine – a mis en garde contre une insistance sur le confessionnalisme de l’UCIP. A son avis, l’UCIP doit avant tout se profiler comme une organisation professionnelle et démocratique. Par l’adoption de ses nouveaux statuts, elle donne un signal d’ouverture dans une société de plus en plus sécularisée et assure sa crédibilité dans le milieu des professionnels des médias. «Si nous insistons sur le côté confessionnel, nous nous marginaliserons, car nous travaillons dans un contexte œcuménique», a-t-il lancé.
Lors du vote final, le camp du non a rassemblé seulement 12 voix, contre 117 oui et 17 bulletins nuls ou blancs. La majorité qualifiée des deux tiers ayant été largement atteinte, les statuts seront transmis au Saint-Siège pour approbation. (apic/be)




