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Terrorisme contre les Etats-Unis: l’archevêque de Marseille met les points sur les «i»

La paix n’est que le fruit de la justice…

Paris, 25 septembre 2001 (APIC) Mgr Bernard Panafieu, archevêque de Marseille et président du secrétariat pour les relations avec l’islam (SRI), rejette les analyses qui rendent les religions et les théologies responsables du malheur des hommes, suite aux actions terroristes du 11 septembre aux Etats-Unis. Pour l’archevêque, c’est une situation, et non une réflexion religieuse préalable, qui suscite l’hostilité et l’indignation de millions d’êtres humains.

Dans un communiqué publié lundi, il appelle à «ne pas confondre l’islam avec l’interprétation qu’en font certaines personnes dévorées par la soif de vengeance». L’archevêque constate que les cibles frappées à New York et Washington expriment clairement que «ce ne sont pas des symboles religieux mais les centres de la puissance militaire et commerciale des Etats-Unis». C’est à ce niveau que doit porter le questionnement de chacun d’entre nous: «Comment utilisons-nous notre puissance économique ou militaire? Comment répondons-nous à l’attente des peuples? Il nous faut éradiquer les réseaux terroristes. Mais cela ne fera pas disparaître les problèmes de tant de personnes dans le monde, ni leur soif de dignité et de progrès». Pour Mgr Panafieu, la paix n’est que le fruit de la justice.

«Devant l’effroyable tragédie qui vient de frapper des milliers de personnes, nous ne pouvons que nous élever contre le terrorisme, quel qu’il soit dans son mépris de la vie humaine», écrit encore l’archevêque de Marseille. «Devant l’horreur, on est souvent à la recherche d’explications «finales»: dans le cas présent, «certains» ont parlé de lutte cosmique entre le «bien et le mal», la «civilisation et la barbarie», «l’humanité et la sauvagerie», «l’Occident et l’islam». Il nous faudrait croire à l’inéluctable confrontation entre religions et civilisations».

La vraie question

Pour le président du secrétariat pour les relations avec l’islam, les commentateurs se multiplient, qui tentent de donner une explication religieuse aux attentats comme si, en définitive, les religions et les théologies étaient les vrais responsables du malheur des hommes. «Chrétiens depuis longtemps en relation avec des musulmans, nous savons bien que l’homme a souvent tendance à faire de la Parole de Dieu la lecture qui lui semble le mieux convenir à sa situation: le riche oublie facilement les Béatitudes, le déshérité sera plus sensible aux promesses de la Justice divine», écrit Mgr Panafieu. Qui ajoute: «Conscients des distorsions que nos vues humaines peuvent apporter au message divin, nous ne pouvons confondre l’islam avec l’interprétation que peuvent en faire certaines personnes dévorées par la soif de vengeance. Beaucoup de musulmans, d’ailleurs, ont exprimé leur refus d’une telle déformation de leur religion en condamnant ces attentats au nom même de leur foi».

La vraie question qui doit se poser à chacun de nous, estime encore l’archevêque, est celle de savoir pourquoi, comment, notre monde actuel a pu jeter tant de nos frères et sœurs dans un tel désespoir qu’ils sont prêts à se tuer et à en tuer d’autres pour faire entendre leur souffrance!

Au nom de quels intérêts?

Depuis plusieurs décennies, constate enfin le président du secrétariat pour les relations avec l’islam, de la Conférence des évêques de France, l’écart s’est creusé entre pays riches et pays pauvres. Des conflits locaux ou régionaux ont été négligés sans qu’un espoir de paix juste ne luise à l’horizon. «Au contraire, les médiateurs possibles ont recherché plutôt leurs propres intérêts économiques et stratégiques. Au nom des lois du marché, des nations entières se sentent menacées par une mondialisation qui ébranle leurs économies fragiles. C’est une situation, et non une réflexion religieuse préalable, qui suscite l’hostilité et l’indignation de millions d’êtres humains». (apic/com/pr)

25 septembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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