Arménie: Jean Paul II a célébré la messe au siège des arméniens apostoliques
«Il est temps de se relever»
De notre envoyée, Sophie de Ravinel
Erevan, 27 septembre 2001 (APIC) Le pape Jean Paul II a célébré jeudi la messe sur la nouvelle esplanade du siège apostolique d’Etchmiadzine devant quelque 5’000 personnes. A cette foule plutôt jeune et «représentative» de la misère du peuple arménien, le pape a rendu hommage à leur force dans les épreuves et à leur richesse spirituelle. Il a engagé les chrétiens à s’engager pour que la nation soit servit avec honnêteté et générosité.
Des femmes très pauvres, le visage marqué mais fier, chaussées de pantoufles usées et coiffées de fichus fleuris, ont agité avec frénésie leurs petits drapeaux arméniens en papier lorsque Jean Paul II est arrivé sur l’esplanade d’Etchmiadzine. Une soeur arménienne catholique de l’Immaculée conception a préféré agiter son drapeau du Vatican car elle est venue de Géorgie avec un bon millier de pèlerins issus des villages catholiques du pays.
Non loin d’eux une dizaine d’arméniens catholiques ont pu venir de Téhéran, en Iran, et ont passé un long moment à rechercher leur évêque parmi les concélébrants. Des jeunes des écoles sont venus avec leurs professeurs, des familles entières se sont pressées en clan pour se garder un peu de place et protéger les plus petits des mouvements de la foule, condensée sur la place étroite.
Sortant de la résidence du catholicos Karekin II, le pape a salué ces fidèles sous un bon soleil – avant de se diriger vers l’autel. Le podium a été installé devant une sorte de grand mur en pierre et bétons, muni de colonnades et construit pour le jubilé de l’Eglise arménienne. La messe célébrée en rite latin a commencé par un très long discours d’accueil de l’évêque des arméniens catholiques de l’Europe orientale, Mgr Nerses der Nersessian. De l’autre côté de l’autel, une trentaine de religieux arméniens apostoliques dont Karekin II – ont assisté à la célébration.
Des regrets
«Chrétiens d’Arménie, après la grande épreuve, il est temps de se relever !», a lancé Jean Paul II dans son homélie en faisant allusion au siècle du génocide, de l’oppression communiste, ou du grand tremblement de terre. «L’évêque de Rome est venu pour honorer votre fidélité et votre courage», a-t-il poursuivi tout en regrettant de n’avoir pu se rendre dans le nord du pays où se trouve la plupart des catholiques du pays. «Durant ce pèlerinage oecuménique, j’aurais voulu aller visiter les lieux où les catholiques vivent en grand nombre et en particulier sur les lieux du tremblement de terre de 1988 car je sais que beaucoup en subissent encore les terribles conséquences». «J’aurai en particulier aimé visiter l’hôpital Redemptoris Mater auquel j’ai été heureux de donner une contribution lorsque l’Arménie était en difficulté», a ajouté le pape. Cet hôpital tenu par deux congrégations religieuses catholiques a été financé par le Saint-Siège et construit après le tremblement de terre.
Jean Paul II a par ailleurs invité les chrétiens «à reconstruire la nation s’engager dans la vie civile et à y assurer un service honnête et généreux qui sera recompensé par l’estime du peuple». Il a demandé au «peuple arménien d’accueillir la vie avec amour et d’en prendre un grand soin, même quand la personnes sont pauvres et malades». Dans l’assemblée, des soeurs missionnaires de la charité soeur de mère Teresa ont emmené avec elles une dizaine d’enfants en fauteuils roulants et visiblement très handicapés.
Hommages
Le pape a enfin rendu un hommage appuyé à l’oeuvre accomplie par les méchitaristes, congrégation arménienne catholique, et au martyre d’un grand nombre d’entre eux. «Je suis sûr, a-t-il poursuivi, que nos soeurs et nos frères de l’Eglise arménienne apostolique considèrent les catholiques comme fils de la même mère, la terre bénie de l’Arménie. Les divisions intervenues dans le passé ont laissé intactes les racines de l’unité».
La messe s’est terminée vers 12h 30 après une bénédiction commune du catholicos et Jean Paul II est parti en voiture fermée en direction de la capitale située àà une vingtaine de kilomètres. Il devait aller déjeuner au centre des arméniens catholiques, résidence de Mgr Nerses der Nersessian, en compagnie des évêques et des prêtres oeuvrant en Arménie, de Karekin II et de deux évêques arméniens apostoliques.
Jean Paul II s’est ensuite retourner à Etchmiadzine pour se reposer et se recueillir une dernière fois dans la cathédrale en compagnie de son hôte. Avant la cérémonie d’adieu à l’aéroport, Jean Paul II s’est encore rendu au monastère de Khor Virap, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, au pied du fameux mont Ararat, tout proche de la frontière turcque, là où saint-Grégoire l’illuminateur à été emprisonné avant de convertir l’Arménie en 301. (apic/imed/sdr/pr)




