3 présidents de Conférences épiscopales interviennent au Synode
Rome: Collégialité épiscopale et décentralisation du pouvoir au centre des débats
Rome, 9 octobre 2001 (APIC) La collégialité épiscopale et la nécessité pour la curie romaine de redonner du pouvoir aux Conférence des évêques a été au centre des discussions de l’assemblée du Synode des évêques en ce début de semaine au Vatican.
Les trois présidents des Conférences épiscopales du Brésil, de l’Italie et de l’Allemagne sont intervenus sur ce thème au cours Mgr Jayme Henrique Chemello, du Brésil, a demandé une délégation de certaines charges de la curie vers les Eglises locales, le cardinal italien Camillo Ruini est revenu sur le rejet de l’autorité dans le société et dans l’Eglise qui a suivi le Concile Vatican II et le cardinal Karl Lehman a demandé de prendre en considération la sécularisation de la société pour repenser les structures de l’Eglise et le «profil» du candidat à l’épiscopat.
Le président de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), Mgr Jayme Henrique Chemello, évêque de Pelotas, a certes approuvé le fait «que le pape choisisse librement les évêques». Il a cependant proposé «que l’on étudie au niveau mondial, soit le choix, soit la formation permanente des évêques dans un esprit de communion entre le ministère épiscopal et le ministère pétrinien».
«Nous demandons, a-t-il poursuivi, que la curie romaine délègue quelques charges aux Conférences épiscopales, aux provinces ecclésiastiques ou à l’évêques diocésain. Que les Conférences épiscopales, autorisées par le Saint-Siège, puissent exercer une fonction auxiliaire et intermédiaire plus efficace, garantissant ainsi, non seulement l’inculturation de l’Evangile et de l’action pastorale mais aussi de la subsidiarité». Pour Mgr Chemello, de tout cela «devrait naître une saine et efficace décentralisation de l’exercice du pouvoir salvifique dans l’Eglise». Faisant enfin référence à la lettre apostolique «Apostolos suos» de Jean Paul II qui traite entre autres du rôle des Conférences épiscopales, il a affirmé quelle «offre quelques indications, mais que nous pouvons faire croître la réflexion».
La «révolution culturelle» d’après Vatican II
Pour le président de la Conférence épiscopale italienne et vicaire générale de Jean Paul II pour le diocèse de Rome, le cardinal Camillo Ruini, «il doit y avoir une unité profonde entre les diverses instances de l’autorité de l’Eglise. En effet, a-t-il affirmé, après le Concile Vatican II qui a renouvelé la nature des rapports entre la primauté du pape et le pouvoir collégial des évêques, une espèce de révolution culturelle a mis l’autorité en balance à tous les niveaux de le vie civile et ecclésiale. Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, si les difficultés les plus aiguës semblent surpassées, reste le problème d’une meilleure application de cette autorité afin qu’elle soit comprise et acceptée. Pour cela, a conclu le cardinal Ruini, l’autorité ecclésiale doit s’exercer avec humilité dans un esprit de don et de service.»
«Aujourd’hui, a affirmé pour sa part le cardinal Karl Lehman, président de la Conférence épiscopale d’Allemagne et évêque de Mayence, il faut réévaluer notre perception de la communion entre l’évêque et la population et sur laquelle se fonde les structures, les services et les bureaux importants de l’Eglise. La mission de l’évêque doit être perçue selon un mode nouveau, surtout aujourd’hui, dans le monde sécularisé. L’évêque, a-t-il poursuivi, ne doit pas se laisser mettre sur la défensive par les défis modernes mais annoncer le message chrétien avec conviction, une bonne argumentation et une ouverture au dialogue.» Cette perspective, a conclu le cardinal Lehman, a de nombreuses conséquences pratiques sur l’activité de l’évêque et sur les critères qui prévalent pour la nomination des candidats adaptés. (apic/imedia/be)




