Rome: La situation internationale suscite la réaction des évêques réunis au Synode

L’action militaire américaine «justifiée, mais elle doit être limitée»

Rome, 9 octobre 2001 (APIC) L’action militaire américaine contre l’Afghanistan est «justifiée mais elle doit être limitée», ont déclaré, en marge du Synode qui se tient actuellement à Rome, le cardinal américain Francis Eugene George, archevêque de Chicago, et Mgr Joseph Anthony Fiorenza, président de la Conférence épiscopale américaine. Le cardinal George et Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, ont, par ailleurs, tous les deux, invité les Etats-Unis à revoir son influence dans le monde.

Les évêques américains, par la voix de Mgr Joseph Anthony Fiorenza, président de la Conférence épiscopale américaine, demandent à ce que la réplique militaire des Etats-Unis sur l’Afghanistan «soit guidée par les traditionnelles limites morales concernant l’utilisation de la force». Présent à Rome pour le Synode, Mgr Fiorenza estime, dans un communiqué publié le 9 octobre, qu’une riposte militaire est «nécessaire», bien que «regrettable».

Fidèles appelés à prier pour George W. Bush

Appelant les fidèles à prier «pour le président américain, les chefs des nations, et tous ceux qui sont touchés par les événements», il encourage l’action militaire engagée par son pays contre «ceux qui usent la terreur et ceux qui les assistent».

«Nous encourageons fortement les initiatives humanitaires qui répondent à la situation de la population afghane, plus particulièrement des réfugiés», affirme enfin le prélat, et «tous nos efforts devraient être guidés par notre désir d’un monde qui respecte pleinement les droits et la dignité de chaque personne humaine».

Pour le cardinal américain Francis Eugene George, interrogé par la radio portugaise Renascença, «aux gouvernements incombe le devoir de protéger la vie de leurs citoyens. L’action militaire est donc normale si l’on ne veut pas courir le risque de leur faire perdre leur légitimité et de provoquer l’anarchie. La difficulté et le défi, a-t-il poursuivi, est que cette action soit limitée mais suffisante pour atteindre les terroristes. On pourra alors parler de vraie paix».

Les Etats-Unis portent une part de responsabilité

«Cet état des choses, a ajouté l’archevêque de Chicago, est une conséquence de certaines actions des Etats-Unis, basées sur des faits précis. On peut espérer, a-t-il conclu, que le choc des attaques terroristes nous permettra ­ quand la peur aura disparu – de réfléchir plus profondément sur la manière dont nous agissons dans le monde».

«Nous vivons les conséquences des injustices entre les pays riches et les pays pauvres, a déclaré pour sa part Mgr Michel Sabbah. «Ce sont des jours très confus, de nouveau des jours de violences, des jours difficiles qui nous font fortement réfléchir sur le problème des relations entre les peuples», a-t-il poursuivi. Pour lui, «il est temps que les grandes puissances révisent les critères avec lesquels elles gouvernent le monde. Le critère doit être le respect de la dignité humaine des personnes et des peuples.

Tout le monde, les Israéliens, les Palestiniens, les Américains doivent faire des efforts, devant Dieu, pour rétablir la justice dont tout le monde profitera», a-t-il conclu après avoir précisé que «le conflit entre Palestiniens et Israéliens peut être considéré comme le cœur des problèmes entre le monde musulman et les puissances de l’Occident. (apic/imedia/be)

9 octobre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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