L’Association raélienne Nopedo ne sera pas poursuivie
Valais: Le juge ne donne pas suite à une plainte contre les tracts raéliens
Il pourrait en aller autrement à Genève
Sion, 10 octobre 2001 (APIC) Un tract inobjectif ou haineux n’est pas forcément discriminatoire, estime un juge d’instruction du Bas-Valais, refusant par là de donner suite à une plainte déposée, au nom de l’Etat du Valais, par le conseiller d’Etat Jean-René Fournier, contre l’association de la secte raélienne «Nopedo». Tout autre pourrait être le sort réservé aux plaintes déposées à Genève, non par par les autorités politiques cette fois, mais par l’évêque, Mgr Pierre Farine, et par de nombreux prêtres, soutenus par l’ACR et le Conseil pastoral.
La plainte de l’Etat du Valais dénonçait un tract diffusé dans le canton du Valais – réd: diffusé ailleurs en Suisse également -, qui entendait «mettre en garde la propension élevée des prêtres catholiques à la pédophilie».
«Les tracts distribués par l’association Nopedo en Valais au mois de juin n’ont pas un caractère discriminatoire», a estimé le juge Jean-Pascal Jaquemet. «Le texte, assure-t-il, ne vise pas tous les prêtres catholiques et n’exclut pas la pédophilie dans d’autres groupes religieux», a-t-il déclaré mardi.
Suite à l’enquête préliminaire, le juge a estimé qu’il n’y a pas matière à ouvrir une instruction judiciaire: «Un texte peut contenir des attaques, des termes haineux ou ne pas être objectif, ce qui ne le rend pas nécessairement discriminatoire».
Le Conseil d’Etat valaisan – le clergé et les autorités religieuses du Valais n’avaient pas porté plainte – avait déposé plainte pour discrimination suite à une question d’un député valaisan le 29 juin dernier. Il demandait quels étaient les moyens d’empêcher la distribution de ces tracts «qui sont une insulte à notre sensibilité et à nos convictions». Le texte du tract de l’association de la secte raélienne incitait les victimes à dénoncer les prêtres catholiques. Il précisait en outre que «les risques d’abus sexuels de la part de prêtres catholiques étant plus grand que dans la population normale, envoyer ses enfants au catéchisme c’est prendre un risque inacceptable de les exposer à la pédophilie».
Une autre démarche
Le juge n’exclut pas une réouverture du dossier si des faits nouveaux interviennent. Selon le quotidien valaisan «Le Nouvelliste», le gouvernement du canton n’a pas encore examiné l’opportunité de faire recours contre la décision. L’association Nopedo fait l’objet d’une procédure devant la justice genevoise.
Dans ce dernier cas, l’affaire suit son cours, relève Pierre Regad, secrétaire général de l’association catholique romaine de Genève (ACR). Mais tout autre pourrait être les retombées de la plainte, déposée sitôt après la diffusion les tracts sur Genève, non par le gouvernement mais par l’évêque cette fois, appuyé dans sa démarche par l’ACR et le Conseil pastoral.
La plainte a effectivement été déposée au nom de Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire, par l’ACR et le conseil pastoral, confirme le secrétaire général de l’ACR. «L’affaire, dit-il, est dans les mains d’un juge, qui a déjà procédé à une audition. Mgr Farine s’était personnellement senti visé par ce tract. La plainte avait en outre été déposée par un grand nombre de prêtres de l’Eglise à Genèève, eux aussi visés par les écrits de cette association de la secte raélienne», commente enfin Pierre Regad. (apic/pr)




