Les adeptes interdits d’activités
Guinée-Bissau: Le gouvernement gèle les biens de la secte Ahmadiya
Bissau, 15 octobre 2001 (APIC) La Guinée-Bissau, un petit pays lusophone en Afrique de l’ouest, a annoncé avoir bloqué tous les biens d’une confrérie musulmane pakistanaise. Il s’agit de celle des Ahmadiya dont cinq dirigeants pakistanais avaient été expulsés en août dernier du pays pour activités subversives, selon le président Kumba Yala. Leurs avoirs sont «gelés jusqu’à nouvel ordre», précise un communiqué officiel.
Le même texte précise que les nationaux membres de la secte sont «interdits de toute activité». La nature de ces biens ou avoirs n’est pas précisée.
La secte compte 40’000 fidèles dans le pays. Elle y a fait de nombreuses réalisations socio-culturelles. Elle a notamment financé la construction de mosquées, ainsi que celle de près de 20 écoles coraniques. En outre, 60 enseignants arabes ont bénéficié d’une «formation» grâce au soutien de la confrérie.
Le renvoi des «missionnaires» pakistanais du pays est en partie lié à des difficultés de cohabitation avec les autres confréries musulmanes du pays. Alors que ces dernières prônent un islam tolérant, modéré et ouvert comme dans la quasi-totalité des pays d’Afrique au sud du Sahara, la secte Ahmadya est «extrémiste, fondamentaliste, intolérante et réfractaire à toute cohabitation avec les autres religions». Sans citer de preuves, le président Kumba Yalla a accusé ses responsables de menacer la «stabilité intérieure du pays». Sa décision avait été annulée par la cour suprême, la plus haute instance juridique du pays.
Celle-ci avait estimé que le chef de l’Etat n’était pas habilité à prendre des mesures d’expulsion de la sorte. La constitution ne le lui autorise pas, avait indiqué la cour. Depuis, le président et les magistrats du pays sont opposés. La semaine dernière, Kumba Yala a nommé un nouveau président de la cour, après avoir dénoncé des «magistrats corrompus».
Une première
C’est la première fois que le gouvernement d’un pays d’Afrique bloque les biens et avoirs d’une organisation islamiste. La Gambie, un autre pays de l’Afrique occidentale non loin de la Guinée-Bissau avait elle aussi renvoyé, en 1997-98, des ahmadyens, soulignant qu’ils menaçaient la stabilité du pays.
A la fin août, l’arrivée des Pakistanais dans une localité de la région sénégalaise de Kolda (sud), limitrophe de la Guinée-Bissau avait poussé les populations a manifester contre leur présence. Ils avaient demandé à leur gouvernement de tout faire pour que les cinq responsables de la secte quittent leur village dans de plus brefs délais. Cet appel a été entendu, puisque moins d’une semaine après, ils ont quitté les lieux pour Dakar.
B à Londres, la secte ahmadiya a été créée en mars 1889 par un dissident sunnite Ghulam Ahmad. Il se présentait alors comme un «rénovateur et réformateur» de la religion musulmane. Pour convaincre ses fidèles, il leur affirmait être le «Mahdi» ou Messie promis. (apic/ibc/pr)




