Philippines : Les évêques disent non à la peine de mort
«La présidente a livré le pays au règne du crime»
Manille, 19 octobre 2001 (APIC) Les récentes déclarations de la présidente philippine Gloria Macapagal Arroyo sur une possible réintroduction des exécutions capitales pour les preneurs d’otages ont suscité des réactions indignées dans l’Eglise catholique. «Avec un tel changement de cap, la présidente a ouvertement livré le pays au règne du crime», a commenté Mgr Oscar V. Cruz, archevêque du diocèse de Lingayen-Dagupan.
Selon le prélat, la décision d’Arroyo de revoir les verdicts déjà prononcés contre les auteurs d’enlèvements pour décréter leur exécution au plus vite «revient à admettre que le système de police n’est pas efficace dans la prévention du crime et que la seule solution est de tuer les criminels».
Pour le Groupe de libre assistance légale (Flag), organisation d’avocats qui exercent bénévolement, «le gouvernement ne peut légalement condamner à mort des détenus dont la sentence capitale a déjà été commuée en prison à perpétuité». Si elle agissait ainsi, Mme Arroyo violerait la Constitution et pourrait même être sous la menace d’une procédure de destitution, avertit le Flag.
La peine capitale a été rétablie aux Philippines en 1994. En 1999, sous la présidence d’Estrada, sept condamnés furent exécutés. En 2000, à la demande des évêques, l’ex-président avait cependant décidé de suspendre les exécutions pour toute l’année. Le président de la Conférence épiscopale, Mgr Orlando Quevedo, a sommé plusieurs fois le parlement d’annuler la peine de mort du code pénal. Le président du Sénat, Aquilino Pimentel, a fait une proposition de loi dans ce sens en juillet dernier. Auparavant, la présidente Arroyo avait décrété la suspension des exécutions capitales dans le pays au moins jusqu’à l’expiration de son mandat en 2004. (apic/cip/fs/bb)




