La Journée mondiale des Missions célébrées dans une vingtaine de pays

APIC Dossier

Une prière continue en suivant les fuseaux horaires

Lyon, 21 octobre 2001 (APIC) Plus de vingt pays ont participé dimanche 21 octobre, Journée Mondiale des Missions, à un «tour du monde de la prière» De 8 heures à 9 heures du matin, selon l’heure locale, les communautés paroissiales, les communautés religieuses, les mouvements et groupes missionnaires, se sont réunies pour prier pour les Missions. Tout au long des fuseaux horaires, la journée tout entière a été consacrée à la prière dans les différents pays. L’initiative, proposée au Congrès Missionnaire Mondial, tenu au mois d’octobre 2000 pendant l’Année Sainte du Grand Jubilé, a également été reprise par la direction nationale des Oeuvres pontificales de France dont le siège se trouve à Lyon.

Les pays qui ont adhéré à cette initiative sont les suivants, selon l’ordre des fuseaux horaires: Corée, Taïwan, Indonésie, Bangladesh, Sri Lanka, Inde, Soudan, Afrique du Sud, Malte, Italie, France, Angleterre, Irlande, Cameroun, Togo, Bénin, Cap Vert, Uruguay, Chili, Porto Rico, Etats-Unis d’Amérique, Canada (prière commune pour toute la journée, avec participation des différents Diocèses), Equateur, Guatémala. Avec l’Agence romaine Fides, l’APIC publie les différentes statistiques liées à l’Eglise catholique, mais aussi aux autres confessions et religions dans le monde.

La Journée mondiale des missions est également célébrée en Suisse. Le pays n’est cependant pas associé à cette démarche commune. (apic/fides/pr)

21 octobre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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La répression des autorités semble redoubler au pays du pétrole

APIC – Dossier

Il ne fait pas bon être chrétien en Arabie saoudite

Riyad, 20 juillet 1998 (APIC Il ne fait pas bon être chrétien en Arabie Saoudite, où la répression des autorités semble redoubler au pays du pétrole. Une trentaine d’arrestations, ces derniers mois, viennent le confirmer, même si l’on assiste ici ou là à quelques remises en liberté… en attendant une nouvelle condamnation pour avoir prié, ou simplement porté une petite croix. Les plus touchés? Les travailleurs philippins et du tiers monde… Quelques occidentaux parfois… même si Riyad préfère parfois fermer les yeux. Quand religion rime avec intolérance et répression.

Récemment encore 11 étrangers, connus pour être des chrétiens pratiquants, ont été arrêtés en Arabie Saoudite. Depuis le début juin de cette année, 20 personnes au total ont été mises aux arrêts et interrogées, y compris une femme enceinte de neuf mois. Malgré la mise en liberté, la semaine passée, de huit Philippins et d’un citoyens néerlandais, on estime qu’une trentaine de chrétiens sont encore et toujours détenus dans les geôles saoudiennes, souvent sans même pouvoir faire appel à un avocat ni contacter leurs ambassades.

Selon l’interprétation stricte de la loi islamique en Arabie Saoudite, toute pratique publique d’une religion autre que l’islam est interdite. Dans le même temps, l’Arabie Saoudite soutien à bout de bras le financement de mosquées partout dans le monde, y compris et surtout en Europe.

Les travailleurs étrangers résidents en Arabie sont au nombre de 6 millions environs. Ils viennent de bons nombre de régions du monde, suite au «boom» pétrolier des années 1970 qui réclamait une main-d’oeuvre spécialisée, «inexistante» dans le pays. En général, les travailleurs restent seulement quelques années, car ils n’ont pas l’intention de s’établir de manière définitive dans le royaume wahhabite. Parmi eux, les chrétiens représentent 10%, soit 600’000 personnes environ, et appartiennent à différentes nationalités. Il s’agit surtout de Philippins, de Sri lankais, de Sud-coréens d’Indiens, de citoyens des Etats-Unis, d’Européens, de Libanais et d’Egyptiens. Les Occidentaux sont en général des employés spécialisés. Parmi les chrétiens, on trouve des catholiques, des protestants de différentes dénominations (pentecôtistes, etc.) et des coptes.

Quant religion rime avec intolérance

Les chrétiens forment le groupe non-musulman le plus nombreux; viennent ensuite les hindous et les bouddhistes. Mais les chrétiens sont aussi les plus organisés comme groupes clandestins de prière, et ils sont en conséquence la cible préférée des autorités saoudiennes. Considérée comme «terre sainte musulmane», l’Arabie Saoudite ne permet pas aux fidèles d’autres religions de construire leurs propres lieux de culte ni de célébrer leur culte en privé.

En général, les groupes de prière ou d’étude de la Bible sont organisés par groupes ethniques, mais il y a aussi des groupes pluri-ethniques. Ces communautés se trouvent dans les villes principales (Riad, Jeddah, al-Jubail, et Dammam) et leur importance va de quelques personnes à des centaines. Les endroits où ils se réunissent sont les maisons privées ou bien les «compound» de certaines ambassades. Jusqu’en 1983, il y avait un seul Capucin, autorisé, puis arrêté, expulsé et remplacé par un prêtre américain qui a connu le même sort en 1985.

La participation à ces réunions n’est pas sans risque. Les fidèles doivent toujours être sur leurs gardes pour communiquer la date et le lieu de la rencontre. En outre, le fait de posséder du matériel non islamique (chapelets, croix, images pieuses et Bibles) entraîne automatiquement l’arrestation.

Les «mutawa’in» (la police religieuse des moeurs) sont mobilisées à la fin de décembre pour confisquer tout ce qui pourrait être utilisé dans la préparation de Noël ou du Nouvel-An (arbres, bougies, cartes de voeux, etc). Dans les supermarchés, on efface scrupuleusement toutes les inscriptions «Merry Christmas» imprimés sur le parier d’emballage (en oubliant parfois, par ignorance, les autres langues, «Joyeux Noël»). Un communiqué du ministère de l’Intérieur avertit à cette occasion la communauté chrétienne qu’elle ne doit pas célébrer la fête, et promet des récompenses à toux ceux qui fourniront des informations sur les personnes qui prévoient de fêter cet anniversaire.

Empêchés de célébrer leurs fêtes, les chrétiens doivent de plus observer les fêtes musulmanes. Pendant le ramadan, le même ministère rappelle que les non-musulmans surpris à manger ou à boire ou à fumer en public avant le coucher du soleil, sont passibles de prison et d’expulsion.

En décembre 1993, les «mutawa’in» ont fait irruption dans la petite école anglo-américaine près de Yanbu, au nord de Jeddah, où se déroulait une cérémonie de fin d’année autour d’un arbre décoré. Le Père Noël dut s’enfuir en hâte, et la fête se termina dans les cris et les larmes des enfants.

Les Philippins particulièrement visés

Tous les chrétiens courent le risque d’être arrêtés s’ils participent à une cérémonie, même si parmi eux, ceux qui proviennent du tiers monde sont particulièrement en danger: lorsqu’il s’agit de pays occidentaux les autorités saoudiennes préfèrent en effet souvent éviter l’incident diplomatique, en «fermant les yeux». En dehors de cette catégorie, seuls restent pratiquement les Philippins. Sur les 329 chrétiens arrêtés durant la période 1990-1993, 325 étaient des citoyens des pays en voie de développement, alors que 4 seulement étaient des Américains ou des Anglais. Parmi les premiers, les Philippins représentent la majorité, d’autres sont Coréens, Indiens du Kérala, et un Egyptien.

En janvier 1990, un pasteur présumé, Louis Salonga, fut arrêté à Riad, puis expulsé. Le mois suivant, 10 Philippins au moins, de Dammam, subirent le même sort. A la fin de l’année, 6 autres Philippins furent arrêtés, relâchés, puis arrêtés de nouveau sous une autre accusation. En janvier 1991, 5 membres de cette même communauté furent accusés de posséder du matériel religieux, et furent condamnés à un an de prison et à 150 coups de fouet. Le pasteur du groupe, Oswaldo Magdangal, fut arrêté en octobre 1992 avec un autre de ses concitoyens, maltraité et condamné à être décapité pour actes blasphématoires. Tous deux furent relâchés in extremis et renvoyés dans leur pays.

En août 1991, 70 Philippins furent interrogés suite à une rencontre de prière, et leurs chefs supposés furent emprisonnés pendant plus d’un mois.

En février 1992, deux chefs présumés d’un autre groupe, Sebastian et Abraham Samuel, furent arrêtés et torturés.

En novembre suivant, deux autres Philippins, Florance Madriago et Roque Atilon, furent condamnés à la prison sous l’accusation d’avoir organisé un groupe de chrétiens.

En octobre 1995, un Philippin, Donato Lama, fut arrêté parce qu’on le soupçonnait de prêcher le christianisme; il fut détenu à la prison de al-Malaz à Riad.

Le pourquoi des interdictions sur les cultes

Interrogés sur les raisons de l’interdiction des autres cultes en Arabie, les musulmans se trouvent souvent dans l’embarras, se contentant souvent d’affirmer que «le caractère sacré des lieux saints de La Mecque et de Médine a été étendu à l’ensemble du territoire». On peut se demander, en admettant même la validité des raisons qui excluent les chrétiens de la Mecque et de Médine, pourquoi donc l’Arabie accueille alors tous les travailleurs chrétiens dans le reste du pays. Le rapport historique entre islam et christianisme a eu des hauts et des bas.

Des savants musulmans expliquent que lorsque Mahomet entra en vainqueur à La Mecque en 630 après Jésus-Christ, il fit détruire toutes les statues d’idoles ; mais les statues chrétiennes furent simplement enlevées. Le deuxième calife, Omar (634-644) aurait affirmé par la suite qu’il n’y avait pas de place pour deux religions en Arabie, et aurait transféré en Irak les tribus qui professaient le christianisme, comme celles de la région de Najran au sud. Les califes abassides n’eurent pas autant de scrupules quand, pendant le pèlerinage, ils emmenaient avec eux leurs médecins chrétiens. La Mecque et Médine n’auraient été interdites aux chrétiens de manière absolue qu’après les Croisades.

Quant à l’attitude de l’Arabie Saoudite d’aujourd’hui… En novembre 1979, quand des dizaines d’intégristes qui contestaient le régime saoudien occupèrent pendant plusieurs jours la Kaaba, Riad demanda à Paris l’intervention d’un détachement spécial du GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale). Les militaires français, commandés par le Capitaine Barril, durent subir une cérémonie rapide de «conversion à l’islam» afin que l’on ne dise pas que des non-musulmans avaient été accueillis dans le périmètre sacré.

Pendant la guerre du Golfe, la France a dû demander à ses infirmiers de couvrir l’emblème de la Croix-Rouge peint sur les ambulances. Auparavant même, les autorités avaient demandé à l’ambassade de Suisse de ne pas exhiber leur drapeau avec la croix.

Les pressions sur les chrétiens ne manquent pas. La presse saoudienne pointe son attention sur les cérémonies de conversion des travailleurs étrangers à l’islam, mais nombre d’entre eux pensent se soustraire ainsi aux discriminations. En 1992, une circulaire publiée dans le quotidien «Al-Jazira», demanda aux entreprises ayant des employés non-musulmans et qui désiraient se convertir, de prendre contact avec le Comité de la «Da’wa» islamique, un organisme officiel. D’autres annonces publiées à l’étranger demandent spécifiquement que les candidats aux places proposées soient de religion musulmane.

En octobre 1992, un copte orthodoxe, Mikhail Cornelius Mikhail, condamné à la prison pour des actes blasphématoires, se vit proposer par le juge sa libération en échange de sa conversion à l’islam. Cornelius Mikhail refusa.

L’accusation de professer la foi chrétienne sert souvent d’alibi pour éliminer les opposants encombrants. En septembre 1992, un Saoudien fut décapité à al-Qatif, parce qu’il était coupable d’avoir importé des Bibles dans le pays. Une accusation pourtant niée, en affirmant qu’il était chiite. (apic/fides/pr)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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