Fenêtre ouverte sur la vie des évêques pendant le synode
Fin du synode: Un mois de travail intensif entre évêques venus du monde entier
Rome, 25 octobre 2001 (APIC) Le 10ème synode ordinaire consacré au rôle de l’évêque se terminera le 27 octobre 2001 par une célébration présidée par Jean Paul II dans la basilique Saint-Pierre. Les quelque 250 Pères synodaux venus à Rome du monde entier participeront à cette messe, marquant ainsi la fin d’un mois de travail intensif. A quelques heures de la fin, tous les évêques sont unanimes pour affirmer que cette assemblée a été une bonne opportunité de rencontres, malgré le peu de temps libres.
Chaque soir depuis le 1er octobre, dans Rome, à la lueur des réverbères, pèlerins, touristes et Romains voient passer des mini-bus pleins d’évêques ou de cardinaux du monde entier habillés de leurs soutanes noires. Harassés par une rude journée de travail, les participants au synode des évêques préfèrent pour beaucoup utiliser les moyens de transport mis à leur disposition pour retourner dans leur logement, la plupart situés dans le vieux centre de la ville, non loin de la célèbre place Navone. Les plus courageux ou ceux qui habitent plus près rentrent à pied. Pour eux, la journée de travail n’est pas terminée, car ils doivent alors subir l’épreuve – que certains semblent apprécier – de la «star».
En effet, dès le passage de la frontière qui sépare le Vatican de l’Etat italien, les prélats sont attendus, parfois depuis longtemps, comme Michael, originaire de New York et qui ne veut pas manquer de saluer son archevêque, le cardinal Egan, pour s’entendre donner une parole de soutien ou de proximité suite aux événements du 11 septembre. Les évêques allemands ont plus à faire – les vacances ont commencées dans leur pays -, les fidèles venus en pèlerinage ou en tourisme à Rome arrivent par «vagues» à la sortie du synode pour entonner des chants traditionnels du pays ou tout simplement applaudir au passage d’un évêque allemand, comme lors d’une course cycliste. A la fin de la prestation, c’est la bousculade pour tenter de revenir avec un souvenir de Rome: «J’ai pu toucher Mgr untel !», entend-on par la suite dans les rangs émus.
Du «Bacia mano» au «keep going»
Ceux qui habitent Rome à l’année – les cardinaux de la curie pour la plupart – ont leurs propres moyens de transports, rompus aux exercices du fameux «bacia mano» – baise main – qui se pratique beaucoup chez les Italiens. Là, les différences de mentalités se font sentir. Plus simples, les cardinaux venant de pays pauvres ont la plupart du temps choisi la solution de rentrer à pied, tentant toutefois d’éviter les bains de foule. «Keep going !» – «Droit devant !» -, lance tout haut le cardinal Nigérian Francis Arinze à ses confrères africains qu’il invite à dîner en ville. Personne, pas même les journalistes ne pourront l’arrêter.
Snobisme à la française?
Les cardinaux occidentaux profitent quant à eux de moyens plus rapides. Chez les Français, chacun possède sa voiture. Généralement les premiers à sortir, ils filent par une sortie officieuse du Vatican, par discrétion ou snobisme, diront certaines mauvaises langues, frustrées de ne pas avoir pu les rencontrer. Quant aux Italiens, c’est le chauffeur – italien également – briquant la mercedès de service qui attend à la sortie de la salle du synode, près à bondir sur la porte pour l’ouvrir à l’arrivée de son ’patron’.
Le chauffeur du cardinal
Le cardinal colombien Castrillon Hoyos, de même, se fait attendre par son chauffeur, qui lui est argentin. Prêtre à la Congrégation pour le clergé que dirige le cardinal Hoyos, il doit être prêt à venir chercher son boss à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit. «Pour aller de son appartement à son bureau, qui sont à 5 minutes à pied l’un de l’autre, il arrive qu’il m’appelle pour que je l’emmène en voiture», déclare-t-il, précisant que dans son diocèse colombien de Bucaramanga, le cardinal Hoyos avait l’habitude de se déplacer à cheval pour visiter ses paroisses. «C’est ce que l’on appelle l’inculturation !», ajoute le chauffeur en plaisantant.
Du plus modeste restaurant au plus chic
Enfin, d’autres évêques ont choisi la facilité, ou plutôt la concentration et le calme pour être plus présent dans les travaux synodaux, en ayant réservé une chambre à la Maison Sainte Marthe, la fameuse résidence construite à la demande de Jean Paul II pour abriter les cardinaux qui se réuniront lors du prochain conclave. Le cardinal ivoirien Bernard Agré, qui avait déclaré au moment de sa nomination comme président délégué du synode, «ne pas savoir pourquoi ils m’ont nommé, mais j’essaierai de faire mon possible», fait partie de ces ascètes.
Une fois rentrés chez eux, les loisirs auxquels se livrent les Pères synodaux sont variés. Il y a ceux qui décident de se réunir en «groupes linguistiques» ou avec d’autres compatriotes pour sortir dîner dans un des restaurants indiqués par les «anciens» ayant déjà participé aux précédents synodes. Là aussi, les mentalités se reconnaissent. Il y a ceux qui vont dîner dans les restaurants chics comme «L’Eau Vive», bien connu des prélats. Tenu par des religieuses francophones venant d’Océanie, il propose, outre un menu alléchant, une prière à la fin du repas, ce qu’apprécient les invités. Il y a par ailleurs ceux qui préfèrent les petits restaurants typiquement italiens, ou encore ceux qui vont tout simplement profiter de la Ville éternelle «by night» en déambulant dans les rues, une pizza dans une main et une glace dans l’autre. D’autres, trop fatigués pour sortir, s’endorment rapidement, après un repas de cantine à la ’maison du clergé’ – sorte d’hôtel pour prêtres de passage à Rome -, en pensant à la rude journée qui les attend le lendemain.
Car même si les travaux synodaux ne commencent qu’à 9h00, bon nombre de participants au synode arrivent à l’avance pour profiter des quelques journaux qui sont mis à leur disposition, ou, pour les plus ’branchés’, des 6 ordinateurs sur lesquels ils peuvent «surfer» et surtout garder contact avec leur diocèse. A 9h00 précise, tous les Pères synodaux sont à leur place, dans la salle du synode, en présence du pape.
La course des jeunes prêtres
Des jeunes prêtres en soutane, au service des évêques durant la durée de l’assemblée, courent partout pour terminer la distribution des livrets servant à suivre les laudes – la prière du matin -, conduite par un choeur de laïcs. A la fin de la prière, c’est de nouveau le tour des jeunes prêtres pour la distribution cette fois-ci des traductions des prochaines interventions qui seront lues dans les langues natales ou parfois même en latin. C’est alors que peut commencer une journée chargée d’interventions et de débats, entrecoupée par quelques pauses dont celle du déjeuner, durant laquelle les évêques ne s’éloignent généralement pas trop du Vatican pour être sur place.
L’assemblée synodale se concluera le samedi 27 octobre, après une messe solennelle dans la basilique Saint-Pierre, par un ’banquet’ offert par le pape. Après avoir régulièrement reçu à déjeuner les évêques par petits groupes, durant le synode, Jean Paul II présidera ce déjeuner auquel tous les Pères synodaux ont été invités. (apic/imed/pr)




