Scepticisme face à une réponse de Pékin

Chine: L’ambassadeur de Taiwan au Vatican salue l’initiative de Jean Paul II

Rome, 26 octobre 2001 (APIC) S’il qualifie d’»exceptionnel» le geste du pape, l’ambassadeur de Taiwan près le Saint-Siège, Raymond Tai, se montre sceptique quant à une éventuelle réponse de Pékin au message de Jean Paul II publié le 24 octobre.

Interrogé par l’APIC, il affirme que le gouvernement chinois ne répondra pas à l’invitation du pape d’ouvrir un dialogue avec l’Eglise catholique. Dans son message, adressé aux participants d’une rencontre qui se déroule à Rome sur le dialogue entre la Chine et l’Occident, le pape demande pardon au peuple chinois pour les erreurs passées de  » fils de l’Eglise catholique  » et supplie le gouvernement d’ouvrir un dialogue avec le Saint-Siège.

Après avoir déjeuné avec Mgr Celestino Migliore, sous-secrétaire du Vatican pour les rapports avec les Etats, l’ambassadeur de Taiwan près le Saint-Siège a déclaré à l’APIC que «même le Saint-Siège ne s’attend pas à une réponse  » et que  » l’Association Patriotique ne répondra pas non plus «. Les conditions  » resteront toujours les mêmes «, a-t-il relevé : le Saint-Siège doit renoncer à nommer les évêques de Chine et rompre ses relations avec Taiwan.

Pour Raymond Tai, la canonisation des 120 martyrs de Chine, le 1er octobre 2000, jour de l’anniversaire de la proclamation de la République populaire chinoise, est  » une barrière de plus «. A l’époque, le Vatican avait affirmé qu’aucune considération politique ou diplomatique n’était entrée dans le choix de cette date, décidée simplement parce qu’il s’agissait du premier dimanche d’un mois spécialement consacré aux missions.  » La Chine ne veut pas s’entendre rappeler sans cesse ce qu’elle doit faire «, affirme le diplomate, interrogé sur un éventuel transfert à Pékin de l’ambassade du Saint-Siège à Taiwan. Pour lui, l’établissement de relations diplomatiques entre le Vatican et la Chine serait toutefois  » un point positif «.

Cardinal Etchegaray : erreurs de l’Eglise en Chine

Le jour même de la publication du message de Jean-Paul II, le cardinal Roger Etchegaray a évoqué les  » ombres et les lumières  » de l’histoire de l’Eglise en Chine à l’ouverture du congrès organisé à Rome les 24 et 25 octobre sur la figure de Matteo Ricci, pionnier du dialogue entre l’Orient et l’Occident. Parmi les  » ombres «, il avait cité  » les occasions manquées, les faux pas, voire les erreurs que nous déplorons, surtout à l’époque où le peuple chinois subissait les humiliations de puissances étrangères qui lui imposèrent des traités inégaux à travers lesquels le message évangélique semblait se faufiler dans l’ambiguïté et aux couleurs de l’Occident «.

Le cardinal français a conclu en rendant hommage à Jean Paul II  » qui, depuis 23 ans, entreprend lui aussi sans se lasser une longue marche vers le peuple chinois «. Le pape n’a jamais pu se rendre en Chine à cause de la fermeture du gouvernement communiste à l’Eglise catholique, depuis 1949. Le Saint-Siège n’est actuellement représenté que par un chargé d’affaire à Taipei, tandis qu’à Rome se trouve une ambassade de Chine près le Saint-Siège, qui est en réalité la représentation de Taiwan. La nonciature de Taiwan était auparavant à Pékin. Au moment de la révolution culturelle elle s’est retirée à Nankin, puis à Hong-Kong, avant d’arriver finalement à Taipei. (apic/imed/pr)

26 octobre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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