Rome: Réactions suite au massacre de 18 chrétiens au Pakistan

«Fracture inguérissable» entre l’Occident et le monde musulman

Rome, 29 octobre 2001 (APIC) «Nous pensions que le pire était passé, grâce au voyage du pape au Kazakhstan et à tant de signes de paix». C’est ce qu’a affirmé au quotidien italien Corriere della Sera le nonce apostolique au Pakistan, Mgr Alessandro D’Errico, le 29 octobre 2001. Interrogé pour sa part par La Repubblica, le cardinal Achille Silvestrini, président émérite du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, craint une «fracture inguérissable» entre l’Occident chrétien et le monde musulman.

Interrogé au lendemain du massacre de 18 protestants par 6 fondamentalistes musulmans, dans une église catholique ­ qui avait été prêtée le temps d’une cérémonie -, Mgr D’Errico assure que la visite de Mgr Paul Josef Cordes ­ président du Conseil pontifical Cor Unum -, dans le pays au même moment n’est qu’une «coïncidence». Lors d’un entretien qui a duré près de cinquante minutes, le 27 octobre, entre l’envoyé du pape et le président pakistanais Musharraf, ce dernier a déclaré vouloir «voir le pape». «Il croit beaucoup dans le rôle des chrétiens dans ce pays», a expliqué Mgr D’Errico.

Mgr Paul Josef Cordes est arrivé au Pakistan le 25 octobre afin d’examiner avec l’Eglise catholique locale les moyens d’aider les réfugiés. Le 28 octobre, au moment du massacre dans une église catholique, le prélat présidait une messe dans la cathédrale de Rawalpindi avec les évêques et la communauté catholique du pays. Il devrait quitter le pays le 30 octobre après une visite dans les camps de réfugiés de Peshawar.

Interrogé par ailleurs sur l’existence de «négociations secrètes» entre le Saint-Siège et le Pakistan pour tenter de résoudre le conflit en Afghanistan, le nonce apostolique confirme la nouvelle, ajoutant en outre que «de nombreux musulmans ont fait appel à Jean Paul II». «Nous sommes devant une situation analogue à celle vécue en Irak, dix ans plus tôt, quand les musulmans irakiens ont vu dans le pape un point de référence vers qui ils pouvaient se tourner pour trouver une voix et une compréhension», affirme Mgr D’Errico.

Pour le cardinal Achille Silvestrini, il faut que la «convivialité» existant déjà entre chrétiens et musulmans dans des pays comme la Jordanie, la Syrie ou l’Irak «reste solide». Cela permettra de faire face à une «préoccupation diffuse» d’une «fracture inguérissable entre l’Occident chrétien et l’Islam», explique-t-il. «Plus le conflit se prolonge, plus les esprits s’empoisonnent avec le risque de susciter un conflit entre civilisations et religions», conclut le prélat. (apic/imed/mk)

29 octobre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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